CE QUI PASSE AU-DESSUS DU MONDE - Épisode 23 - Lorsque tombe la Forêt

 

Résumé : Épisode 22 - Les Gestes du Silence

Tandis que Caelle reprend lentement des forces, Ilyan, Lyrwen et elle découvrent le quotidien paisible des habitants des Hautes Frondaisons. Peu à peu, les gestes remplacent les mots : les mystérieux humanoïdes leur montrent des objets, des plantes et d'étranges rituels sans jamais rien imposer. Lorsqu'à la fin de la journée Lyrwen répond spontanément à l'un de leurs gestes de respect, un premier lien discret semble enfin se tisser entre les deux peuples.

Ce qui Passe Au-dessus du Monde

Lorsque tombe la forêt

La lumière avait changé.

Sous les immenses frondaisons, il était difficile d'évaluer l'heure, mais quelque chose dans l'air annonçait déjà la fin du jour. Les nappes lumineuses qui traversaient encore la canopée quelques instants plus tôt s'étaient lentement rétractées. Les couleurs de la forêt semblaient s'effacer les unes après les autres, remplacées par des nuances plus profondes où le vert devenait presque noir.

Ilyan leva les yeux. L'Aérore apparaissait encore par instants entre deux ouvertures du feuillage. Elle continuait sa dérive, presque imperceptiblement. Et pourtant... elle était déjà plus loin.

— Elle s'éloigne..., souffla-t-il.

Caelle suivit son regard.

— Oui.

Sa voix était calme, mais son visage ne trompait personne.

Ils pensaient tous à la même chose : la nacelle abandonnée quelque part derrière eux, le chemin parcouru, le temps qui passait... et cette immense forêt dont ils ne connaissaient rien.

Lyrwen se rapprocha doucement d'Ilyan.

— Si nous voulons repartir, il faudra retrouver la nacelle avant qu'il fasse complètement nuit.

Il hocha lentement la tête, puis regarda les humanoïdes. Ils continuaient leurs occupations comme si rien n'avait changé.

Ilyan prit une profonde inspiration.

— Il faut essayer.

Il désigna d'abord l'Aérore, puis la direction approximative de la nacelle. Enfin, il mima quelqu'un qui marche avant de montrer sa poitrine.

— Nous.

Il fit quelques pas.

Un seul humanoïde leva la tête. Puis un second. Le grand humanoïde s'approcha lentement.

Ilyan répéta ses gestes : le ciel... la forêt... lui-même... puis il pointa de nouveau l'horizon.

Le grand humanoïde demeura parfaitement immobile. Ses yeux quittèrent Ilyan. Ils montèrent vers l'Aérore. Puis revinrent vers la forêt. Enfin, très lentement, il secoua la tête.

Une seule fois.

Non.

Ilyan sentit une pointe de découragement.

— Ils ont compris..., murmura-t-il.

— Et ils refusent, répondit Caelle.

Un silence pesant s'installa.

Puis le grand humanoïde leva un bras. Il désigna la forêt. Pas les arbres. Pas le sol. L'obscurité qui commençait à s'y installer.

Au même instant, plusieurs silhouettes interrompirent leurs activités. Les passerelles végétales furent progressivement désertées. Les récoltes cessèrent. Les petits groupes se reformèrent.

Toute la forêt semblait changer de rythme.

Lyrwen observa les alentours.

— Ils se préparent.

— À quoi ? demanda Ilyan.

Elle secoua doucement la tête.

— Je n'en sais rien.

Le premier cri retentit quelques instants plus tard.

Il venait de très loin. Grave. Profond. Impossible à identifier. Ce n'était ni celui d'un oiseau, ni celui d'un mammifère. Le son semblait traverser toute la forêt avant de disparaître lentement dans les profondeurs de la jungle.

Même les insectes se turent.

Ilyan regarda aussitôt les humanoïdes.

Aucun ne paraissait surpris.

Mais tous étaient devenus attentifs.

Leurs regards fouillaient maintenant les feuillages supérieurs. Le grand humanoïde échangea plusieurs gestes rapides avec deux autres. Pour la première fois depuis leur rencontre, leurs mouvements perdaient leur lenteur habituelle. Ils agissaient avec une efficacité silencieuse.

Deux d'entre eux disparurent immédiatement entre les arbres.

D'autres déplacèrent de lourdes branches afin de fermer naturellement plusieurs passages.

Personne ne courait.

Personne ne paniquait.

Mais chacun savait exactement ce qu'il avait à faire.

— Ils ont peur..., souffla Caelle.

— Non..., répondit Lyrwen sans quitter la forêt des yeux. Ils connaissent ce qui arrive.

Cette phrase glaça Ilyan.

Quelques instants plus tard, un second cri monta dans la nuit naissante. Beaucoup plus proche.

Puis un troisième.

Cette fois, plusieurs animaux surgirent brusquement entre les racines. De petites créatures bondirent devant eux avant de disparaître dans la direction opposée.

Aucune ne semblait fuir les humanoïdes.

Toutes fuyaient autre chose.

Le grand humanoïde s'approcha alors du trio. Il leur fit signe. Pas de le suivre.

De reculer.

Très lentement.

Jusqu'au pied d'un immense arbre dont les racines formaient une sorte de demi-cercle naturel.

Autour d'eux, les autres humanoïdes prenaient position. Certains grimpaient déjà dans les hauteurs. D'autres demeuraient immobiles entre les troncs, presque invisibles dans la pénombre.

Ilyan observa la scène avec attention.

Ils n'étaient pas enfermés.

Ils étaient protégés.

Le vent se leva soudain. Les hautes feuilles frémirent au-dessus de leurs têtes.

Très loin, derrière le rideau végétal, une masse sombre sembla traverser un instant la canopée avant de disparaître aussitôt.

Ilyan crut avoir rêvé.

Mais il aperçut Lyrwen.

Elle avait vu la même chose.

Leurs regards se croisèrent.

Personne ne parla.

Au-dessus d'eux, l'Aérore n'était plus qu'une silhouette pâle glissant lentement vers l'horizon.

Puis les dernières lueurs du jour s'éteignirent.

Et la forêt révéla un autre visage.

Un visage que même les humanoïdes semblaient respecter.


- Texte et images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius, sur un sujet de Morbius -

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