CE QUI PASSE AU-DESSUS DU MONDE - La Première Carte

 

Résumé : Épisode 5 — Les cartes de Vaëner

De retour d’une descente risquée en En Bas, Ilyan retrouve Lyrwen, qui comprend immédiatement qu’il a bravé les interdits du Conseil. Leur échange, tendu mais complice, révèle une détermination intacte : Ilyan refuse de croire à la mort de son frère Vaëner.

Dans les anciens ateliers abandonnés, il découvre enfin le carnet laissé par ce dernier. À l’intérieur, non pas de simples notes, mais une série de cartes et de trajectoires convergeant toutes vers une même direction : l’est.

La dernière phrase du carnet bouleverse tout :

« Si la trajectoire est correcte… alors quelque chose nous guide. »

Dès lors, le doute n’est plus permis : ce qu’Ilyan a pressenti commence à prendre forme.

Ce qui passe au-dessus du monde

Épisode 6 — La première carte

Le carnet de Vaëner ne quitta pas Ilyan de la matinée.

Il l’avait glissé sous sa veste avant même de sortir des anciens ateliers, comme s’il craignait qu’on puisse le lui reprendre à tout instant. Il ne savait pas encore exactement ce qu’il cherchait dans ces pages couvertes de courbes, de signes et de calculs, mais il savait une chose : ce n’étaient pas seulement des notes. C’était une piste. Peut-être la première vraie.

Le jour s’était levé gris sur l’Aérore. Une brume légère s’accrochait encore aux falaises suspendues, et les passerelles ruisselaient d’humidité. Dans le quartier des Ateliers, les marteaux n’avaient pas encore repris leur cadence pleine. Les premiers ouvriers traversaient les galeries avec cette lenteur du matin propre à ceux qui connaissent déjà trop bien leur journée.

Ilyan traversa deux passerelles, descendit un escalier de pierre, puis en remonta un autre vers l’ancienne salle de maintenance annexe, un petit local presque abandonné où il allait parfois démonter des pièces ou bricoler à l’abri des regards. Lyrwen l’y attendait déjà.

Elle était assise sur le bord d’un établi, les mains dans les poches de sa veste ajustée, ses cheveux sombres tressés serrés comme toujours. Son regard se posa immédiatement sur lui, puis sur la manière un peu raide dont il se déplaçait.

— Tu as mal, dit-elle.

— Non.

Elle arqua un sourcil.

— Très convaincant.

Ilyan posa le carnet sur l’établi.

— J’ai trouvé ça dans les affaires de Vaëner.

Lyrwen se redressa aussitôt. Sa réserve habituelle céda la place à une attention plus vive.

— Tu l’as lu ?

— Pas tout. Juste assez pour comprendre qu’il suivait quelque chose.

— Toujours vers l’est ?

Ilyan hocha la tête.

Elle descendit de l’établi et vint se placer à côté de lui. Ensemble, ils ouvrirent le carnet à la page de la veille. Les lignes tracées à l’encre sombre coupaient la page en courbes irrégulières. Certaines étaient annotées, d’autres non. Des petits cercles marquaient des points précis. Un signe revenait plus souvent que les autres : une sorte de croix ouverte, barrée d’un trait oblique.

— Ce n’est pas une carte de l’Aérore, murmura Lyrwen.

— Non. Regarde là.

Ilyan posa l’index sur une portion du tracé. Plusieurs lignes convergeaient vers une même zone. Il tourna quelques pages. Le même point revenait. Toujours légèrement décalé, comme si Vaëner avait essayé de corriger sa position à mesure qu’il avançait.

Lyrwen plissa les yeux.

— On dirait qu’il a suivi des trajectoires différentes pour arriver au même endroit.

— Ou qu’il a essayé de prévoir un passage.

Elle se tut un instant, puis leva les yeux vers lui.

— Tu crois que c’est En Bas ?

— J’en suis presque sûr.

Ilyan ouvrit un tiroir de l’établi et en sortit une vieille feuille de relevés imprimés qu’il avait récupérée dans une salle technique quelques semaines plus tôt. Il la déroula à côté du carnet. Puis il plaça au centre un petit capteur portatif, celui qu’il utilisait déjà pour ses descentes. L’écran s’alluma dans un léger grésillement.

Lyrwen prit alors une autre feuille, plus propre, couverte de tracés officiels relevés sur les panneaux publics. Elle la posa à plat.

— Si on aligne la dérive moyenne avec les dates que ton frère a notées là… dit-elle en montrant une série de chiffres dans la marge, alors ce point devrait correspondre à…

Elle s’interrompit.

Ilyan suivit son doigt.

— À rien, dit-il.

— Exactement.

La zone indiquée par Vaëner ne figurait sur aucun relevé officiel. Ni point de repère, ni anomalie connue, ni ancienne faille signalée. Rien. Comme si cette portion d’En Bas n’existait pas.

Ilyan sentit monter cette tension familière, ce mélange d’excitation et d’agacement qui lui venait chaque fois que quelque chose résistait au monde officiel.

— Essaie avec les anciennes cartes de profondeur, dit-il.

Lyrwen fouilla dans un casier, en sortit deux rouleaux de relevés poussiéreux et les déroula à leur tour. Les bords étaient usés, les encres presque effacées à certains endroits. Elle les compara longuement avec le carnet.

Le silence dans la salle se chargea peu à peu d’électricité. Au-dehors, le vent commençait à monter dans les passerelles.

— Là, dit-elle enfin.

Elle montrait une zone presque vide sur une carte ancienne. Pas totalement blanche, mais floue, comme si le relevé avait été interrompu ou effacé.

Ilyan se pencha.

— C’est quoi ?

— Je ne sais pas. Regarde l’annotation au bord.

L’écriture était trop pâle pour être lue d’un coup. Il approcha la feuille de la lumière.

— “Données instables. Secteur suspendu à vérification.”

— Suspendu à vérification ? répéta Ilyan. Ça ne veut rien dire.

— Si, dit une voix derrière eux. Ça veut dire qu’on a préféré ne pas le nommer.

Ils se retournèrent d’un seul mouvement.

Une femme se tenait dans l’encadrement de la porte.

Elle devait avoir un peu plus de trente ans. Ses cheveux noirs, coupés juste au-dessus des épaules, avaient été attachés à la hâte sur la nuque. Son visage était fin mais marqué par le vent, la fatigue et une habitude ancienne de regarder trop loin. Elle portait une veste technique plus épaisse que celles des ateliers ordinaires, renforcée aux épaules, et des gants de travail pendaient à sa ceinture. Une fine poussière grisâtre s’était déposée sur ses manches.

Elle entra sans brusquerie, les yeux fixés sur le carnet.

— Qui êtes-vous ? demanda immédiatement Lyrwen.

La femme ne répondit pas tout de suite. Elle s’approcha de l’établi, regarda les cartes, les relevés, puis posa enfin la main sur le bord du carnet de Vaëner.

— Caelle Sanya, dit-elle. Technicienne des sondes extérieures.

Le nom ne disait rien à Ilyan. Mais le mot sondes, lui, suffit à lui faire sentir qu’elle n’était pas là par hasard.

— Vous nous suiviez ? demanda-t-il.

— Non. J’étais venue chercher des archives qu’on ne consulte plus depuis longtemps. Puis j’ai vu ce carnet.

Son index glissa sur les lignes tracées par Vaëner.

— Ces courbes… je les reconnais.

Ilyan sentit sa respiration se bloquer une seconde.

— Vous connaissiez mon frère ?

Caelle releva les yeux.

— Je l’ai vu plusieurs fois. Pas assez pour dire que je le connaissais. Mais assez pour savoir qu’il ne délirait pas.

Le silence tomba.

Lyrwen échangea un regard rapide avec Ilyan.

— Qu’est-ce qu’il vous a montré ? demanda ce dernier.

Caelle observa encore le carnet, comme si elle hésitait entre se taire et parler.

— Des relevés de sondes. Des écarts de masse. Des variations de profondeur qui n’avaient rien à faire là. Au début, je lui ai dit qu’il interprétait trop. Puis j’ai vérifié moi-même.

— Et ? demanda Ilyan.

— Et certaines sondes renvoyaient des données impossibles.

Elle se pencha sur une ancienne carte.

— Des creux qui se déplaçaient. Des zones qui semblaient changer d’emplacement d’un relevé à l’autre. Pas beaucoup. Juste assez pour qu’on pense à une erreur. Sauf qu’il y en avait trop pour que ce soit des erreurs.

Ilyan sentit la colère sourde des derniers jours revenir d’un seul coup.

— Le Conseil le sait ?

Caelle eut un sourire sans joie.

— Le Conseil sait plus de choses qu’il ne le dit.

— Alors pourquoi effacer ces zones ?

— Parce qu’une zone sans nom fait moins peur qu’une zone active.

Elle montra du doigt le point vers lequel convergeaient les trajectoires de Vaëner.

— Ce secteur-là revenait sans cesse. Dans les données des sondes, dans les anomalies de dérive, dans certaines mesures de stabilisation. Et chaque fois qu’on essayait d’en parler officiellement, les relevés disparaissaient ou étaient “reclassés”.

Lyrwen fronça les sourcils.

— Reclassés où ?

— Dans des sections auxquelles les ateliers ordinaires n’ont pas accès.

Ilyan se redressa.

— Vaëner voulait descendre là.

Ce n’était plus une hypothèse.

Caelle hocha lentement la tête.

— Oui.

— Vous le saviez.

— Je le soupçonnais.

— Et vous n’avez rien fait ?

La dureté de la phrase claqua plus vite qu’il ne l’avait voulu.

Caelle ne se vexa pas. Elle soutint simplement son regard.

— J’ai essayé de le convaincre d’attendre. Il m’a répondu qu’attendre servait surtout à laisser les autres décider à sa place.

Ilyan baissa les yeux vers le carnet.

Cette phrase lui ressemblait tellement qu’elle lui fit mal.

Lyrwen, elle, restait concentrée sur le point marqué au milieu des trajectoires.

— Si Vaëner avait raison, dit-elle, ce secteur existe encore.

— Oui, répondit Caelle.

— Et aucun relevé officiel ne le mentionne.

— Non.

— Donc soit il est caché, soit il est effacé.

— Ou les deux, dit Caelle.

Le vent fit vibrer la porte derrière eux.

Ilyan referma le carnet d’un geste brusque.

— Alors on descend.

Lyrwen se tourna vers lui aussitôt.

— Ilyan…

— Non. Cette fois on sait où regarder.

— Cette fois, intervint Caelle calmement, vous savez surtout qu’on ne vous laissera pas regarder tranquilles.

Ilyan leva la tête.

— Qu’est-ce que ça veut dire ?

Caelle hésita à peine.

— Ça veut dire que si ce secteur a été effacé des cartes, c’est que d’autres le surveillent déjà.

Le silence retomba sur la petite salle de maintenance.

Au-dehors, l’Aérore poursuivait sa dérive lente au-dessus d’En Bas. Quelque part, tout au fond du carnet de Vaëner, les lignes continuaient toutes de converger vers ce même point invisible.

Ilyan posa la main dessus comme on pose la main sur une promesse.

— Alors on descendra avant eux.

Caelle le regarda longtemps.

Puis elle dit, à voix basse :

— Si vous descendez là… vous ne serez pas seuls.

La trajectoire continue.

- Texte et images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius, sur un sujet de Morbius -


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Ils ne savent pas encore ce qu’ils suivent.
Mais ils savent qu’ils ne peuvent plus revenir en arrière.



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