CE QUI PASSE AU-DESSUS DU MONDE - Épisode 19 - Les Hautes Frondaisons

 

Résumé : Épisode 18  Autorisation

Au lendemain de l'attaque contre l'Aérore, Ilyan découvre les traces déjà effacées des destructions. Convoqué devant le Conseil, il apprend qu'un module scientifique essentiel est tombé en En Bas lors des événements de la nuit. Parce qu'il est le seul à avoir déjà survécu à une telle descente, le Conseil lui demande de le récupérer. Comprenant que cette mission peut surtout lui permettre de poursuivre les recherches de Vaëner et d'approcher enfin la vérité, Ilyan accepte. Accompagné de Lyrwen et de Caelle, il embarque dans sa nacelle suspendue qui quitte lentement l'Aérore pour descendre vers un monde inconnu, immense et vivant.

Ce qui passe au-dessus du monde

Les Hautes Frondaisons

Le choc fut plus doux que prévu.

La nacelle toucha le sol avec une résistance étrange, comme si la terre refusait d’être dure. Elle s’enfonça légèrement, puis se stabilisa dans un enchevêtrement de racines épaisses et de végétation humide. Rien à voir avec la roche sèche des précédentes descentes. Ici, tout semblait céder, absorber, retenir.

Ilyan attendit quelques secondes avant de bouger.

Le silence n’existait pas.

Ce fut la première chose qu’il comprit.

Même immobile, même sans vent, même sans voix humaine, quelque chose persistait. Un bruissement continu, presque organique, fait de frôlements, de craquements discrets, de gouttes qui tombaient d’un niveau invisible vers un autre. L’air lui-même semblait vibrer d’une présence diffuse.

Il inspira.

L’air était lourd. Chaud. Humide. Il portait une odeur dense, végétale, presque sucrée par moments, puis brusquement âcre. Une odeur vivante.

— On ne peut pas la laisser accrochée, dit Caelle à voix basse.

Ilyan hocha la tête.

Il se tourna vers les câbles. Ils descendaient encore, tendus, vers l’Aérore, mais ici, ils frôlaient déjà les feuillages supérieurs. Si la nacelle restait fixée, elle dériverait lentement, happée par les branches, tirée de travers, peut-être bloquée définitivement.

Ils n’avaient pas le choix.

Ilyan, Lyrwen et Caelle décrochèrent la nacelle. Le mécanisme leur résista un instant, comme s’il avait été conçu pour ne pas céder si facilement si loin de l’Aérore, puis céda dans un cliquetis sec.

Les câbles restèrent en suspension au-dessus d’eux, dérivant lentement, frôlant les feuillages sans s’y accrocher.

Ils étaient seuls.


Ilyan descendit le premier.

Le sol absorba son poids. Pas complètement, mais suffisamment pour troubler son équilibre. Il s’accroupit légèrement par réflexe, une main posée contre une racine épaisse, noueuse, dont la surface était lisse par endroits, rugueuse à d’autres, parcourue de veines sombres.

Il leva les yeux.

Il ne voyait pas le ciel.

Au-dessus de lui, une structure végétale immense s’élevait, faite de troncs colossaux, de branches entremêlées, de lianes suspendues qui descendaient en rideaux irréguliers. La lumière filtrait à travers cette masse, verte et dorée, mouvante, comme si elle respirait.

— On dirait que ça ne finit pas, murmura Caelle en le rejoignant.

Elle tourna lentement sur elle-même, observant les hauteurs, les profondeurs, les directions indistinctes.

— Ce n’est pas un sol, ajouta-t-elle. C’est… un niveau.


Lyrwen descendit à son tour.

Elle posa le pied avec plus de précaution. Le contact sembla la surprendre. Elle resta immobile quelques secondes, les yeux fermés, comme pour s’adapter.

Puis elle ouvrit les yeux.

Son regard se fixa quelque part, au-delà des troncs.

— Ça bouge, dit-elle doucement.


Ilyan ne répondit pas.

Il observait déjà.

Des formes passaient entre les feuillages. Petites. Rapides. Des créatures fines, presque translucides, se déplaçaient le long des branches, s’arrêtant parfois pour observer, puis disparaissant aussitôt. L’une d’elles s’approcha davantage, inclinant légèrement une tête disproportionnée, avant de fuir dans un mouvement fluide.

Elles n’étaient pas dangereuses.

Mais elles savaient.


Ils avancèrent.

Chaque pas produisait un son différent. Parfois un craquement sec, parfois un enfoncement mou, parfois un glissement presque silencieux. Le sol n’était jamais identique. Il variait à chaque mouvement, comme s’il se recomposait en permanence.

Ilyan remarqua rapidement les traces.

Pas les leurs.

D’autres.

Plus larges. Plus profondes. Régulières.

— On n’est pas seuls, dit-il.


Ils tombèrent sur ce qui avait été projeté depuis l’Aérore quelques heures plus tôt.

Ou plutôt… sur ce qu’il en restait.

Le module n’était plus intact.

Une partie de sa structure était encore prise dans un enchevêtrement de racines éclatées, comme si l’impact avait été absorbé par le sol vivant. Mais le reste… le reste avait été déplacé. Arraché. La coque présentait une ouverture nette, trop régulière pour être due à la chute seule.

Quelque chose manquait.

— Quelqu’un est passé par là, dit Caelle en s’agenouillant.

Elle approcha la main sans toucher, suivant du regard les bords de l’ouverture.

— Ils n'ont pas emporté le module...

Elle observa l'ouverture.

— Seulement ce qui les intéressait.


Un bruit changea.

Subtil.

Presque imperceptible.

Mais suffisant.


Les petits animaux avaient disparu.

Tous.


Ilyan se redressa lentement.

Il ne chercha pas à parler.

Pas tout de suite.


L’air lui sembla plus dense encore.

Comme si quelque chose venait de se refermer autour d’eux.


Lyrwen recula d’un pas.

— Ilyan…

Sa voix était différente.

Plus basse.

Plus tendue.


Ils apparurent sans bruit.

D’abord un.

Puis un autre.

Puis plusieurs.


Ils ne sortaient pas de la végétation.

Ils en faisaient partie.

Leurs silhouettes se détachaient lentement des troncs, des ombres, des entrelacs de racines suspendues. Grands. Très grands. Leurs corps étaient d’une minceur presque irréelle, prolongés par des membres longs qui semblaient hésiter entre rigidité et fluidité.

Leurs visages étaient étroits, allongés, dépourvus d’expression visible. Leurs yeux, larges, captaient la lumière sans la refléter complètement, donnant l’impression qu’ils voyaient autre chose que ce qui était là.

Leurs vêtements — ou ce qui en tenait lieu — semblaient faits de fibres vivantes, tressées, ajustées à leurs corps, se confondant parfois avec les lianes qui les entouraient.

Ils ne parlaient pas.

Ils regardaient.


Ilyan sentit son cœur accélérer, mais il ne bougea pas.

Caelle se redressa lentement à côté de lui.

Lyrwen resta immobile.

Trop immobile.


Ils étaient encerclés.

Pas brutalement.

Pas violemment.

Simplement… entourés.


Un des êtres s’avança.

Très lentement.

Chaque mouvement était précis, mesuré, presque silencieux malgré sa taille.

Il s’arrêta à quelques mètres d’Ilyan.

Inclina légèrement la tête.


Puis leva une main.

Longue.

Fine.


Derrière eux, quelque chose se referma.

Un passage.

Une ouverture qu’ils n’avaient pas remarquée.


Ilyan comprit.

Ils n’avaient jamais été libres de leurs mouvements.


— On doit partir, murmura Caelle.


Mais personne ne bougea.


Un autre être apparut derrière Lyrwen.

Puis un autre encore.


Ils ne montraient aucune agressivité.

Aucune menace directe.


Et c’était pire.


La main levée se referma lentement.


Autour d’eux, le cercle se resserra.

- Texte et images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius, sur un sujet de Morbius -

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Ils ne savent pas encore ce qu’ils suivent.
Mais ils savent qu’ils ne peuvent plus revenir en arrière


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