Résumé : Épisode 18 — Autorisation
Au lendemain de l'attaque contre l'Aérore, Ilyan découvre les traces déjà effacées des destructions. Convoqué devant le Conseil, il apprend qu'un module scientifique essentiel est tombé en En Bas lors des événements de la nuit. Parce qu'il est le seul à avoir déjà survécu à une telle descente, le Conseil lui demande de le récupérer. Comprenant que cette mission peut surtout lui permettre de poursuivre les recherches de Vaëner et d'approcher enfin la vérité, Ilyan accepte. Accompagné de Lyrwen et de Caelle, il embarque dans sa nacelle suspendue qui quitte lentement l'Aérore pour descendre vers un monde inconnu, immense et vivant.
Ce qui passe au-dessus du monde
Les Hautes
Frondaisons
Le choc fut
plus doux que prévu.
La nacelle
toucha le sol avec une résistance étrange, comme si la terre refusait d’être
dure. Elle s’enfonça légèrement, puis se stabilisa dans un enchevêtrement de
racines épaisses et de végétation humide. Rien à voir avec la roche sèche des
précédentes descentes. Ici, tout semblait céder, absorber, retenir.
Ilyan
attendit quelques secondes avant de bouger.
Le silence
n’existait pas.
Ce fut la
première chose qu’il comprit.
Même
immobile, même sans vent, même sans voix humaine, quelque chose persistait. Un
bruissement continu, presque organique, fait de frôlements, de craquements
discrets, de gouttes qui tombaient d’un niveau invisible vers un autre. L’air
lui-même semblait vibrer d’une présence diffuse.
Il inspira.
L’air était
lourd. Chaud. Humide. Il portait une odeur dense, végétale, presque sucrée par
moments, puis brusquement âcre. Une odeur vivante.
— On ne peut
pas la laisser accrochée, dit Caelle à voix basse.
Ilyan hocha
la tête.
Il se tourna
vers les câbles. Ils descendaient encore, tendus, vers l’Aérore, mais ici, ils
frôlaient déjà les feuillages supérieurs. Si la nacelle restait fixée, elle
dériverait lentement, happée par les branches, tirée de travers, peut-être
bloquée définitivement.
Ils
n’avaient pas le choix.
Ilyan,
Lyrwen et Caelle décrochèrent la nacelle. Le mécanisme leur résista un instant,
comme s’il avait été conçu pour ne pas céder si facilement si loin de l’Aérore,
puis céda dans un cliquetis sec.
Les câbles restèrent en suspension au-dessus d’eux, dérivant lentement, frôlant les feuillages sans s’y accrocher.
Ils étaient
seuls.
Ilyan
descendit le premier.
Le sol
absorba son poids. Pas complètement, mais suffisamment pour troubler son
équilibre. Il s’accroupit légèrement par réflexe, une main posée contre une
racine épaisse, noueuse, dont la surface était lisse par endroits, rugueuse à
d’autres, parcourue de veines sombres.
Il leva les
yeux.
Il ne voyait
pas le ciel.
Au-dessus de
lui, une structure végétale immense s’élevait, faite de troncs colossaux, de
branches entremêlées, de lianes suspendues qui descendaient en rideaux
irréguliers. La lumière filtrait à travers cette masse, verte et dorée,
mouvante, comme si elle respirait.
— On dirait
que ça ne finit pas, murmura Caelle en le rejoignant.
Elle tourna
lentement sur elle-même, observant les hauteurs, les profondeurs, les
directions indistinctes.
— Ce n’est
pas un sol, ajouta-t-elle. C’est… un niveau.
Lyrwen
descendit à son tour.
Elle posa le
pied avec plus de précaution. Le contact sembla la surprendre. Elle resta
immobile quelques secondes, les yeux fermés, comme pour s’adapter.
Puis elle
ouvrit les yeux.
Son regard
se fixa quelque part, au-delà des troncs.
— Ça bouge,
dit-elle doucement.
Ilyan ne
répondit pas.
Il observait
déjà.
Des formes
passaient entre les feuillages. Petites. Rapides. Des créatures fines, presque
translucides, se déplaçaient le long des branches, s’arrêtant parfois pour
observer, puis disparaissant aussitôt. L’une d’elles s’approcha davantage,
inclinant légèrement une tête disproportionnée, avant de fuir dans un mouvement
fluide.
Elles
n’étaient pas dangereuses.
Mais elles
savaient.
Ils
avancèrent.
Chaque pas
produisait un son différent. Parfois un craquement sec, parfois un enfoncement
mou, parfois un glissement presque silencieux. Le sol n’était jamais identique.
Il variait à chaque mouvement, comme s’il se recomposait en permanence.
Ilyan
remarqua rapidement les traces.
Pas les
leurs.
D’autres.
Plus larges.
Plus profondes. Régulières.
— On n’est
pas seuls, dit-il.
Ils
tombèrent sur ce qui avait été projeté depuis l’Aérore quelques heures plus
tôt.
Ou plutôt…
sur ce qu’il en restait.
Le module
n’était plus intact.
Une partie
de sa structure était encore prise dans un enchevêtrement de racines éclatées,
comme si l’impact avait été absorbé par le sol vivant. Mais le reste… le reste
avait été déplacé. Arraché. La coque présentait une ouverture nette, trop
régulière pour être due à la chute seule.
Quelque
chose manquait.
— Quelqu’un
est passé par là, dit Caelle en s’agenouillant.
Elle
approcha la main sans toucher, suivant du regard les bords de l’ouverture.
— Ils n'ont
pas emporté le module...
Elle observa
l'ouverture.
— Seulement
ce qui les intéressait.
Un bruit
changea.
Subtil.
Presque
imperceptible.
Mais
suffisant.
Les petits
animaux avaient disparu.
Tous.
Ilyan se
redressa lentement.
Il ne
chercha pas à parler.
Pas tout de
suite.
L’air lui
sembla plus dense encore.
Comme si
quelque chose venait de se refermer autour d’eux.
Lyrwen
recula d’un pas.
— Ilyan…
Sa voix
était différente.
Plus basse.
Plus tendue.
Ils
apparurent sans bruit.
D’abord un.
Puis un
autre.
Puis
plusieurs.
Ils ne
sortaient pas de la végétation.
Ils en
faisaient partie.
Leurs
silhouettes se détachaient lentement des troncs, des ombres, des entrelacs de
racines suspendues. Grands. Très grands. Leurs corps étaient d’une minceur
presque irréelle, prolongés par des membres longs qui semblaient hésiter entre
rigidité et fluidité.
Leurs
visages étaient étroits, allongés, dépourvus d’expression visible. Leurs yeux,
larges, captaient la lumière sans la refléter complètement, donnant
l’impression qu’ils voyaient autre chose que ce qui était là.
Leurs
vêtements — ou ce qui en tenait lieu — semblaient faits de fibres vivantes,
tressées, ajustées à leurs corps, se confondant parfois avec les lianes qui les
entouraient.
Ils ne
parlaient pas.
Ils
regardaient.
Ilyan sentit
son cœur accélérer, mais il ne bougea pas.
Caelle se
redressa lentement à côté de lui.
Lyrwen resta
immobile.
Trop
immobile.
Ils étaient
encerclés.
Pas
brutalement.
Pas
violemment.
Simplement…
entourés.
Un des êtres
s’avança.
Très
lentement.
Chaque
mouvement était précis, mesuré, presque silencieux malgré sa taille.
Il s’arrêta
à quelques mètres d’Ilyan.
Inclina
légèrement la tête.
Puis leva
une main.
Longue.
Fine.
Derrière
eux, quelque chose se referma.
Un passage.
Une
ouverture qu’ils n’avaient pas remarquée.
Ilyan
comprit.
Ils
n’avaient jamais été libres de leurs mouvements.
— On doit
partir, murmura Caelle.
Mais
personne ne bougea.
Un autre
être apparut derrière Lyrwen.
Puis un
autre encore.
Ils ne
montraient aucune agressivité.
Aucune
menace directe.
Et c’était
pire.
La main
levée se referma lentement.
Autour
d’eux, le cercle se resserra.
- Texte et images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius, sur un sujet de Morbius -
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Ils ne savent pas encore ce qu’ils suivent.
Mais ils savent qu’ils ne peuvent plus revenir en arrière
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