CE QUI PASSE AU-DESSUS DU MONDE - ÉPISODE 18 - Autorisation

 

Résumé : Épisode 17 — Feux venus d'en bas

Au cœur de la nuit, l'Aérore est brusquement attaquée par une pluie de projectiles lancés depuis En Bas. Les incendies se multiplient, semant la panique parmi les habitants qui tentent de sauver les cultures et les habitations. Aux côtés de Lyrwen et Caelle, Ilyan comprend que cette attaque n'a rien d'un accident : les peuples d'En Bas les prennent désormais pour cible. Lorsque les tirs cessent enfin, il contemple les dégâts avant de murmurer une vérité qui bouleverse leur regard sur le conflit : « Ils ont peur. »

Ce qui passe au-dessus du monde

Épisode 18 — Autorisation

Le jour s’était levé sans chaleur.

La lumière glissait sur les structures de l’Aérore avec une précision presque cruelle, révélant chaque trace laissée par la nuit. Rien n’était dissimulé. Ni les impacts, ni les fissures, ni les zones brûlées que l’on tentait déjà de recouvrir d’activité.

Ilyan avançait lentement le long d’une passerelle encore humide. L’eau s’accrochait aux rebords, aux câbles tendus, aux irrégularités du métal comme si elle refusait de disparaître. Par endroits, elle se mêlait à une fine poussière grise. De la cendre. Lorsqu’il passa la main dessus, elle se désagrégea sans résistance, laissant sur ses doigts une trace presque douce.

En contrebas, les champs touchés pendant la nuit n’étaient plus que des surfaces sombres, irrégulières, striées de lignes calcinées. La végétation avait disparu par plaques entières, remplacée par une matière noire qui absorbait la lumière. Quelques silhouettes s’activaient encore, dispersées, silencieuses. On réparait. On arrachait. On recouvrait.

On effaçait.

Ilyan resta un moment immobile, les deux mains posées sur la rambarde. Le métal était froid, légèrement rugueux sous ses paumes. Il fixa longuement les zones brûlées, sans vraiment chercher à comprendre ce qu’il voyait. Ce n’étaient pas les dégâts qui le troublaient. C’était la manière dont ils disparaissaient déjà.

— Ils font comme si ça n’avait jamais existé, dit-il finalement.

Sa voix n’était pas forte. Elle n’avait même pas de colère. Juste une fatigue plus ancienne que la nuit elle-même.

Derrière lui, Caelle s’arrêta à son tour. Elle suivit son regard, puis haussa légèrement les épaules.

— Ils font comme s’ils pouvaient contrôler ce qui arrive.

Il y eut un silence. Pas vide. Chargé.

Un garde apparut à l’extrémité de la passerelle. Il ne s’approcha pas tout de suite. Il resta immobile, les mains derrière le dos, observant simplement. Ilyan sentit sa présence avant même de tourner la tête. Quand leurs regards se croisèrent, l’homme se mit en marche.

— Le Conseil vous demande.

Il n’y avait ni urgence dans sa voix, ni hésitation. Juste une information qui n’en était pas vraiment une.

Ilyan échangea un regard avec Lyrwen. Elle n’avait pas parlé depuis qu’ils étaient sortis. Mais son expression suffisait. Elle savait. Lui aussi.

Ils y retournèrent.


La salle du Conseil n’avait pas changé. Les mêmes parois lisses, la même lumière diffuse, la même table dont la surface semblait absorber les reflets. Pourtant, dès qu’Ilyan entra, il sentit une différence. Plus subtile. Plus difficile à nommer.

Ce n’était pas le lieu.

C’étaient eux.

On ne le fixait plus comme la veille. On l’observait autrement. Comme on observe un élément qu’on s’apprête à utiliser.

— Un élément a été perdu cette nuit, dit l’homme au centre.

Direct. Sans détour.

Ilyan resta immobile. Il ne répondit pas. Il attendit.

— Un module de navigation, poursuivit une autre voix. Lié aux relevés de trajectoire… et à certaines mesures.

Un léger silence s’installa. Mesuré. Volontaire.

— Il est tombé en En Bas.

Le mot résonna plus longtemps qu’il n’aurait dû. Ilyan sentit quelque chose se resserrer dans sa poitrine. Pas une surprise. Plutôt une confirmation silencieuse.

— Nous ne pouvons pas le récupérer sans vous, reprit l’homme au centre.

Cette fois, Ilyan releva légèrement la tête. Il regarda les visages. Un à un. Certains soutenaient son regard. D’autres l’évitaient. Un, plus que les autres, restait parfaitement immobile.

— Vous avez déjà effectué ce type de descente, continua la voix. Dans des conditions plus instables.

Le souvenir de la gorge lui traversa brièvement l’esprit. Le son. La pierre. L’absence de repères.

— Pourquoi moi ? demanda-t-il.

— Parce que vous êtes le seul à être revenu.

La réponse ne trembla pas.

Un silence suivit. Plus dense que les autres.

Et dans ce silence, quelque chose remonta.

Vaëner.

Pas un souvenir précis. Une direction.

— Il est passé par là, dit-il.

Ce n’était pas une question.

Personne ne répondit. Mais cette fois, ce n’était pas un refus. C’était un choix.

— Cette mission est exceptionnelle, reprit une autre voix. Elle ne sera pas reproduite. Elle ne sera pas rendue publique.

— Et si je refuse ?

Un très léger mouvement parcourut la table. À peine perceptible. Mais suffisant.

— Alors le module sera perdu. Et les données avec. Et vous renoncez à une occasion de comprendre.

Ilyan serra les mâchoires.

— Comprendre quoi ?

Un silence. Bref.

— Ce que vous cherchez.

Cette fois, il ne détourna pas les yeux.

Ils savaient.

Pas tout.

Mais assez.


Quand ils sortirent, Lyrwen l’attrapa par le bras. Pas brusquement. Mais suffisamment pour qu’il s’arrête.

— Tu ne vas pas accepter !

Sa voix était basse. Tendue.

Ilyan regarda devant lui un instant avant de répondre.

— Ce n’est pas pour eux.

Il se tourna vers elle.

— Tu le sais.

Le silence qui suivit fut différent de ceux du Conseil. Plus fragile. Plus humain.

Lyrwen ne répondit pas immédiatement. Elle observa son visage, ses yeux, la manière dont il évitait de rester immobile trop longtemps.

Elle comprit.

Caelle les rejoignit.

— Ils vous surveilleront.

— Je sais.

— Et en bas, on ne sait pas ce qu’on va trouver.

Ilyan hocha légèrement la tête.

— Justement.


Un peu plus tard, ils se tenaient devant la nacelle.

Elle semblait inchangée. Et pourtant, quelque chose dans sa présence avait évolué. Comme si elle portait désormais une autre fonction. Plus lourde. Plus définitive.

Ilyan posa la main sur la structure. Le métal était froid. Stable. Il suivit des yeux les câbles qui disparaissaient vers le haut, tendus vers l’Aérore.

— Quatre personnes maximum, dit Caelle.

— On sera trois.

Lyrwen ne protesta pas. Elle monta simplement.

Ilyan la regarda un instant. Puis détourna les yeux.

La nacelle bascula légèrement avant de s’engager dans la descente. L’Aérore commença à s’éloigner, lentement, presque imperceptiblement. Le vent changea. L’air devint plus dense, plus lourd, chargé d’une odeur nouvelle.

Ilyan ne parlait plus.

Sous eux, quelque chose apparaissait.

Pas de roche.

Pas de vide.

Autre chose.

Quelque chose de vivant.

- Texte et images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius, sur un sujet de Morbius -

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Ils ne savent pas encore ce qu’ils suivent.
Mais ils savent qu’ils ne peuvent plus revenir en arrière


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