CE QUI PASSE AU-DESSUS DU MONDE - Épisode 9 - La Fête des Venteliers

 

Résumé : Épisode 8 - L’alignement

Pris par la dérive de l’Aérore, Ilyan, Lyrwen et Caelle doivent écourter leur exploration d’En Bas. Leur nacelle, désalignée et coincée contre la roche, révèle un danger nouveau : le temps en bas est désormais limité. Après une manœuvre risquée pour la repositionner, ils entament une remontée tendue le long des falaises.

Au cœur de la brume, ils aperçoivent brièvement une structure gigantesque à l’est — l’« endroit interdit » évoqué par les habitants. Pour la première fois, la piste de Vaëner devient concrète : il est allé là-bas.

En regagnant l’Aérore, une évidence s’impose : la prochaine descente devra être plus rapide… et bien plus dangereuse.

Ce qui passe au-dessus du monde

Épisode 9 — La Fête des Venteliers

Lorsqu’Ilyan revint sur la grande terrasse des ateliers, il comprit immédiatement que quelque chose avait changé sur l’Aérore.

Les passerelles de métal étaient décorées de longues bandes de tissu coloré qui claquaient doucement dans le vent. Des lanternes de verre suspendues aux câbles principaux oscillaient au-dessus des têtes, diffusant une lumière chaude malgré la fin d’après-midi encore claire.

Des voix résonnaient partout.

On riait.

On chantait même, par endroits.

Ilyan resta un instant immobile.

— Ah… dit-il simplement.

Lyrwen, qui marchait derrière lui, sourit légèrement.

— Tu avais oublié ?

Il passa une main dans ses cheveux trop longs.

— Complètement.

— La Fête des Venteliers. Tous les ans.

Ilyan observa la foule qui commençait à se rassembler entre les ateliers et les falaises. Des tables avaient été installées, chargées de plats fumants. Des enfants couraient entre les piliers de roche en poursuivant de petites voiles de tissu qu’ils laissaient flotter dans les courants d’air.

— J’avais la tête ailleurs, murmura-t-il.

Lyrwen lui lança un regard amusé.

— Ça, personne n’avait remarqué.

Ils avancèrent dans la foule.

La Fête des Venteliers était l’une des traditions les plus anciennes de l’Aérore. On disait qu’elle remontait aux premières générations d’habitants de l’île volante, bien avant la construction des ateliers et des structures métalliques qui striaient maintenant les falaises.

Elle célébrait les grands courants d’altitude.

Les vents qui portaient l’Aérore à travers le ciel du monde.

Au centre de la terrasse principale, plusieurs hommes et femmes s’affairaient autour d’une étrange structure faite de cercles métalliques et de cordages. Des lanternes de papier y étaient accrochées par dizaines.

— Les voiles vont partir ce soir, dit Lyrwen.

Ilyan hocha la tête.

Chaque année, lorsque le vent atteignait son point le plus stable de la saison, les habitants de l’Aérore lâchaient des centaines de lanternes portées par de petites voiles légères. Les courants les emportaient dans le ciel comme une constellation mouvante.

On disait que c’était une manière de remercier les vents.

Ou peut-être de leur rappeler qu’on dépendait d’eux.

— Ilyan !

La voix venait de derrière lui.

Il se retourna et aperçut Sarel, un garçon un peu plus âgé qui travaillait parfois aux ateliers de récupération. Il s’approchait avec un large sourire.

— Tu es vivant ! lança-t-il.

— J’hésite encore.

— On disait que tu avais disparu.

— Exagération habituelle.

Sarel regarda la veste d’Ilyan, encore marquée par les traces de poussière et les petites déchirures de la descente.

— Tu t’es encore mis dans un truc impossible, c’est ça ?

Lyrwen croisa les bras.

— C’est sa spécialité.

— Hé, protesta Ilyan.

Sarel éclata de rire.

— Tu devrais faire attention. Un jour tu vas tomber vraiment.

Ilyan eut un bref sourire.

Si seulement tu savais.

Ils continuèrent à marcher entre les tables où les habitants commençaient à s’installer. Des odeurs de nourriture chaude se mêlaient au vent frais des hauteurs.

Un musicien avait installé un instrument étrange composé de plaques métalliques suspendues. Il les frappait doucement avec deux baguettes de bois, produisant un tintement clair qui se propageait dans l’air.

Le tintement métallique changea soudain de rythme.

Derrière le musicien, deux autres habitants venaient de s’installer : l’un avec un petit tambour tendu de peau claire, l’autre avec une flûte de bois sombre. Le musicien aux plaques métalliques leva ses baguettes et frappa plus fort.

Le son devint plus vif.

Plus rapide.

Autour d’eux, plusieurs habitants se mirent à battre des mains. Des enfants tournoyaient déjà sur la terrasse, et quelques adultes commencèrent à danser en riant.

Lyrwen observa la scène une seconde.

Puis elle attrapa brusquement la main d’Ilyan.

— Viens !

— Quoi ? Non—

Elle tira.

Ilyan trébucha presque en avant.

— Lyrwen—

— Arrête de réfléchir et danse.

— Je ne danse pas.

— Tu vas apprendre.

Elle l’entraîna dans le cercle improvisé où les habitants tournaient déjà au rythme du tambour. Ilyan tenta de résister une seconde, visiblement embarrassé.

— Je vais me ridiculiser.

— Trop tard, dit-elle.

La musique accéléra encore.

Lyrwen tourna sur elle-même, tirant Ilyan dans un mouvement maladroit mais joyeux. Pendant quelques secondes, il essaya de suivre le rythme sans vraiment comprendre ce qu’il faisait.

Puis, malgré lui, il éclata de rire.

— C’est complètement stupide.

— Exactement.

Ils tournèrent encore une fois.

Les lanternes suspendues projetaient des éclats de lumière chaude sur leurs visages. Le vent faisait flotter les bandes de tissu au-dessus d’eux comme des vagues silencieuses.

Pendant un instant, Ilyan croisa le regard de Lyrwen.

Elle souriait.

Pas le sourire calme et observateur qu’elle avait habituellement.

Un vrai sourire.

Il détourna les yeux presque aussitôt.

Ils ralentirent, un peu essoufflés, et quittèrent le cercle de danse sans rien dire.

Lyrwen lâcha sa main.

Ils continuèrent à marcher côte à côte comme si rien ne s’était passé.

Mais Ilyan sentit encore la chaleur de sa main dans la sienne.

Et étrangement, cela le rendait un peu plus nerveux que toutes les descentes dans le monde d’En Bas.

— Je croyais que tu détestais cette fête, dit Lyrwen.

— Je déteste les discours du Conseil.

— Ça, tout le monde les déteste.

— Et la soupe d’algues fermentées.

Lyrwen leva les yeux au ciel.

— C’est une tradition.

— Une très mauvaise tradition.

Ils arrivèrent près du bord de la terrasse. De là, les falaises de l’Aérore plongeaient directement dans la mer de nuages qui recouvrait le monde d’En Bas.

La lumière du soir commençait à rougir les bords des nuages.

Pendant un moment, Ilyan resta silencieux.

Lyrwen l’observa.

— Tu penses à lui.

Ce n’était pas une question.

Ilyan ne répondit pas immédiatement.

— Il adorait cette fête, dit-il finalement.

— Vaëner ?

Il hocha la tête.

— Il disait que c’était le seul moment où on voyait vraiment l’Aérore vivre.

Un groupe d’enfants passa en courant derrière eux, poursuivant une petite voile de tissu qui flottait comme un oiseau dans le vent.

Lyrwen regarda la scène.

— Il avait raison.

Un mouvement attira soudain l’attention d’Ilyan.

De l’autre côté de la terrasse, plusieurs membres du Conseil venaient d’apparaître sur la passerelle supérieure. Leurs manteaux sombres contrastaient avec les couleurs de la fête.

— Les voilà, murmura-t-il.

Lyrwen soupira.

— Tu vois ? Les discours arrivent.

Les habitants se rassemblèrent progressivement autour de la structure centrale où étaient suspendues les lanternes.

Une femme âgée prit la parole. Elle ne portait pas l’habit officiel du Conseil mais celui des anciens navigateurs des vents : une longue veste ornée de fines plumes métalliques qui tintaient doucement.

— Habitants de l’Aérore, dit-elle.

Le murmure de la foule diminua.

— Ce soir, nous remercions encore une fois les vents qui portent notre île à travers le ciel du monde.

Elle leva la main vers les falaises et les nuages.

— Ils nous ont guidés pendant des générations. Ils continueront de nous guider.

Ilyan sentit Caelle s’approcher derrière eux.

— J’ai raté quelque chose ? demanda-t-elle.

— Le début du discours, répondit Lyrwen.

— Alors je n’ai rien raté.

Ils échangèrent un sourire discret.

La vieille femme fit signe aux enfants qui attendaient près de la structure.

— Il est temps.

Les premières lanternes furent détachées.

Les petites voiles captèrent immédiatement le vent.

Les lanternes montèrent lentement dans le ciel.

Une.

Puis dix.

Puis cinquante.

Bientôt, des centaines de petites lumières flottaient au-dessus de l’Aérore, emportées par les courants invisibles.

La foule applaudit doucement.

Ilyan leva les yeux.

Pendant un instant, toutes les inquiétudes semblaient s’être éloignées.

— C’est beau, murmura Lyrwen.

— Oui.

Mais Caelle ne regardait pas les lanternes.

Elle observait le vent.

— Vous voyez ça ? dit-elle.

Ilyan tourna la tête.

— Quoi ?

Elle pointa les lanternes les plus éloignées.

— Leur trajectoire.

Ilyan plissa les yeux.

Les lanternes ne suivaient pas la direction habituelle.

Elles dérivaient légèrement vers l’est.

Exactement comme l’Aérore.

Caelle murmura :

— Les courants changent.

Lyrwen fronça les sourcils.

— Ça arrive parfois.

— Pas comme ça.

Ilyan regarda les lanternes s’éloigner.

Certaines disparaissaient déjà dans les nuages.

Dans la même direction que la gorge interdite.

Il sentit une étrange sensation lui traverser la poitrine.

Comme si quelque chose, là-bas, les appelait.

— Si la trajectoire est correcte… murmura-t-il.

Lyrwen tourna la tête.

— Quoi ?

Ilyan ne répondit pas immédiatement.

Il repensait à la dernière phrase du carnet de Vaëner.

Il leva les yeux vers les lanternes qui disparaissaient dans le ciel.

— Alors quelque chose nous guide.

Le vent souffla plus fort au-dessus de l’Aérore.

Et les lanternes s’éloignèrent vers l’est.

- Texte et images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius, sur un sujet de Morbius -

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