CE QUI PASSE AU-DESSUS DU MONDE - Épisode 5 - Les Cartes de Vaëner

 

Résumé — Épisode 4 : Sous Surveillance

Convoqué par un représentant du Conseil, Ilyan comprend que ses recherches et ses descentes clandestines sont connues et étroitement surveillées. Malgré l’avertissement implicite, il choisit de désobéir et descend seul en En Bas. Sa descente chaotique endommage la nacelle, mais lui permet d’observer directement le phénomène : une trajectoire vibratoire orientée vers l’est. Il découvre également qu’une créature suit cette trajectoire, confirmant que le phénomène agit comme un guide. Blessé mais déterminé, Ilyan remonte avec une certitude nouvelle : il a franchi une limite, et le Conseil ne pourra plus ignorer ses actes.

Ce qui passe au-dessus du monde

Épisode 5 — Les cartes de Vaëner

Le vent soufflait encore lorsqu'Ilyan atteignit enfin le bord de l’Aérore.        

Ses bras tremblaient à force d’avoir manipulé les leviers de la nacelle. La descente l’avait épuisé, et la remontée plus encore. Le câble grinçait toujours au-dessus de lui, oscillant lentement dans le vide, comme si l’engin se souvenait encore de la tension qui l’avait traversé quelques minutes plus tôt.

Il immobilisa la nacelle contre la plateforme rocheuse.

Pendant quelques secondes, il resta immobile, le cœur battant trop vite. Sa main glissa vers sa côte gauche, l’endroit où il avait heurté la structure lors de l’atterrissage brutal dans les rochers d’En Bas. La douleur était sourde, profonde, mais supportable. Chaque respiration tirait légèrement, comme un rappel discret de ce qui s’était passé là-dessous.

Rien de cassé.

Il l’espérait.

Il coupa le frein principal et décrocha le mousqueton de sécurité. La nacelle cessa enfin de vibrer.

— Ça tiendra… murmura-t-il.

Le soleil était déjà bas sur l’horizon. La lumière orangée baignait les falaises suspendues de l’Aérore et transformait les nuages d’En Bas en une mer immobile.

Personne ne semblait avoir remarqué son absence.

Parfait.

Ilyan attrapa son sac d’outils et sauta sur la roche. Il fit quelques pas… puis s’arrêta.

Quelqu’un l’attendait.

Lyrwen.

Elle était assise sur un bloc de pierre, les bras croisés, les yeux fixés sur lui.

Elle se leva lentement.

— Tu es descendu.

Ce n’était pas une question.

Ilyan haussa les épaules.

— Peut-être.

Elle s’approcha. Son regard parcourut immédiatement son visage, ses mains, ses vêtements. Elle vit la poussière grise, les éraflures, la déchirure sur la manche.

Son expression se ferma.

— Tu es descendu.

Cette fois, il n’essaya même pas de nier.

— Juste un peu.

Lyrwen inspira lentement.

— Tu es complètement fou.

Elle fit encore un pas vers lui.

— Tu sais que le Conseil interdit ça.

— Ils interdisent beaucoup de choses.

— Parce que c’est dangereux !

Ilyan désigna la brume en contrebas.

— Tu l’as déjà regardée vraiment ?

— Oui.

— Non. Pas depuis là-haut. Depuis là-bas.

Il pointa vers les nuages.

— C’est… différent.

Elle le fixa.

— Tu es blessé ?

— Non.

— Ilyan.

— Juste une mauvaise réception.

Elle soupira.

— Un jour tu vas te tuer.

— Pas aujourd’hui.

Un silence tomba entre eux. Le vent passait dans les herbes accrochées aux rochers.

Lyrwen détourna finalement le regard.

— Tu n’écoutes jamais.

— Si.

— Non.

Elle observa la nacelle suspendue.

— Tu l’as encore modifiée.

— Un peu.

— Elle va finir par casser.

— Pas avant moi.

Lyrwen leva les yeux au ciel.

Puis elle posa la question qu’elle posait toujours.

— Pourquoi ?

Ilyan ne répondit pas immédiatement. Son regard se perdit un instant vers l’horizon.

Vers l’est.

— Parce que Vaëner voulait descendre.

Le nom resta suspendu dans l’air.

Lyrwen ne dit rien. Elle connaissait la suite.

Ils se turent quelques secondes.

Puis elle murmura :

— Le Conseil dit qu’il est mort.

Ilyan serra la mâchoire.

— Le Conseil dit beaucoup de choses.

— Ilyan…

— Il n’est pas mort.

Sa voix était ferme.

— Tu ne peux pas savoir.

— Si.

Elle croisa les bras.

— Comment ?

Il hésita. Puis secoua la tête.

— Je le sais.

Lyrwen soupira.

— Tu ne vas jamais abandonner.

— Non.

Elle resta silencieuse.

Puis elle dit doucement :

— Fais au moins semblant d’être prudent.

Il esquissa un sourire fatigué.

— J’essaie.

Elle s’approcha de la nacelle et passa la main sur la structure métallique.

— Elle a vraiment l’air de tenir.

— Je te l’avais dit.

— Jusqu’au jour où elle décidera de tomber.

Ilyan attrapa son sac.

— Je dois réparer deux choses avant demain.

— Tu descends encore ?

Il ne répondit pas.

Elle soupira une nouvelle fois.

— Tu es impossible.

Puis elle se détourna.

— Je dois retourner aux capteurs avant la nuit.

— Lyrwen.

Elle se retourna.

— Merci.

Elle haussa les épaules.

— Pour quoi ?

— De ne pas avoir alerté les surveillants.

— Pas encore.

Un léger sourire passa sur son visage.

Puis elle disparut entre les rochers.

Ilyan resta seul.

Le vent était tombé. La lumière du soir enveloppait les falaises suspendues.

Il ramena la nacelle contre la paroi et vérifia rapidement les attaches. Un câble secondaire était légèrement effiloché.

Il grimaça.

— Il faudra changer ça.

Il referma la caisse d’outils, puis prit la direction des anciens ateliers.

La plupart des habitants de l’Aérore évitaient cet endroit. Trop de machines abandonnées. Trop de structures rouillées.

Mais Ilyan aimait cet endroit.

Parce que Vaëner y passait des heures.

Le bâtiment grinça lorsque la porte coulissa. L’intérieur sentait l’huile et le métal froid.

La lumière entrait par les ouvertures supérieures. Les établis étaient encore couverts de pièces démontées.

Rien n’avait vraiment changé.

Sauf l’absence.

Ilyan posa son sac.

Il savait exactement où chercher.

Le vieux casier de Vaëner.

Le cadenas avait été retiré depuis longtemps.

Il l’ouvrit.

Des outils. Des câbles. Une paire de gants.

Et au fond…

Un carnet.

Ilyan se figea.

Il l’avait déjà vu. Mais il n’avait jamais vraiment osé le lire.

Aujourd’hui, c’était différent.

Il s’assit sur le bord de l’établi.

Le carnet était épais, couvert de traces de graisse.

Il l’ouvrit.

Les premières pages contenaient des calculs, des schémas, des notes rapides.

Puis des cartes.

Ilyan fronça les sourcils.

Ce n’étaient pas des cartes de l’Aérore.

C’étaient des tracés.

Des trajectoires.

Lignes courbes. Points de repère. Mesures.

Il tourna plusieurs pages.

Les trajectoires allaient toutes dans la même direction.

Vers l’est.

Toujours l’est.

Il suivit les lignes du doigt.

Certaines semblaient correspondre aux mouvements de l’Aérore.

D’autres…

À quelque chose d’autre.

Une page était presque entièrement couverte de calculs. Certains traits étaient repassés plusieurs fois, comme si Vaëner avait vérifié les mêmes trajectoires encore et encore.

Puis une phrase.

La dernière.

Écrite plus lentement.

Comme si Vaëner avait pris le temps.

Ilyan lut à voix basse.

— « Si la trajectoire est correcte… »

Il s’arrêta.

La suite était écrite en dessous.

— « …alors quelque chose nous guide. »

Le silence envahit l’atelier.

Ilyan releva lentement la tête.

Au-dehors, l’Aérore dérivait toujours.

Lentement.

Vers l’est.

Exactement comme sur les cartes de Vaëner.

- Texte et images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius, sur un sujet de Morbius -



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