LES AVENTURES DE L'ANANKÉ - ÉPISODE 7 : LES ABYSSES DE DELMAKH / Partie 1 : La Descente

 


Partie 1
LA DESCENTE

Journal de bord de la Commandante. Cycle 297.4. Jour 168.

 

Delmakh III n'a pas de nom, seulement une désignation. C'est une planète qui a renoncé à la lumière. Un globe unique, couvert par un océan unique, sous un ciel perpétuellement voilé. Nos sondes n'y ont trouvé aucune terre, aucune île, seulement cet abîme infini, noir et silencieux. Mais le silence, nous l'avons appris, est rarement vide. Il y a trois cycles, une de nos balises longue portée a capté une pulsation. Un signal structuré, régulier, émanant des profondeurs. Trop régulier pour être naturel. Trop ancien pour être connu. La Confédération veut savoir ce qui se cache sous ce linceul d'eau. Et l'Ananké est le seul vaisseau assez fou pour aller voir. Nous allons plonger. Échanger un vide contre un autre. Un abîme d'étoiles contre un abîme d'eau. Parfois, je me demande lequel des deux est le plus impitoyable.

 

Fin de l'enregistrement.

 

L'Ananké n'était plus un vaisseau spatial. Il était devenu une larme de métal tombant dans une nuit sans fond. La transition avait été une métamorphose silencieuse et brutale. En perçant la surface de l'océan de Delmakh III, le bruit des étoiles s'était tu, remplacé par une pression nouvelle, une étreinte colossale qui serrait la coque de toutes parts.

Sur la passerelle, l'ambiance avait changé. Les lumières étaient tamisées, et le seul son était le gémissement sourd de l'alliage Dymen-Cer qui luttait contre les tonnes d'eau qui pesaient sur lui. Sur l'écran principal, il n'y avait plus de nébuleuses ni de galaxies lointaines. Il n'y avait que le noir. Un noir absolu, dense, que les projecteurs externes du vaisseau déchiraient de deux cônes de lumière blanche dans lesquels dansaient des particules inconnues.

« Deux mille mètres, » annonça la voix calme d'Akira Sato. « Pression : deux cents atmosphères. La coque tient bon. »

« Continuez la descente, » ordonna Voss, son visage à demi éclairé par les consoles.

À quatre mille deux cents mètres, ils la virent.

Le sonar à balayage quantique la dessina d'abord en lignes fantomatiques sur l'écran de Narek Venn. Puis les projecteurs la trouvèrent. Sortant des sédiments millénaires, une structure aux angles parfaits se dressait dans le néant. Une pyramide. Cyclopéenne, taillée dans une roche plus noire encore que l'eau qui l'entourait. Au sommet, un symbole circulaire émettait une pulsation douce, d'un bleu laiteux, qui battait comme un cœur endormi.

« C'est impossible, » murmura Kaelin Rho, captivé. « Une telle structure, à cette profondeur... La pression devrait l'avoir pulvérisée depuis des éons. À moins qu'elle ne soit pas seulement faite de pierre. »

C'est alors qu'ils apparurent. Sortant des ténèbres, trois formes ondulantes, longues de près de cinquante mètres, vinrent paresseusement tourner autour du temple. Ce n'étaient pas des poissons. C'étaient des serpents de nuit, des léviathans dont les écailles semblaient faites d'obsidienne polie. Le long de leurs corps sinueux, des motifs complexes s'illuminaient et s'éteignaient en vagues de lumière phosphorescente. Ils ne montraient aucune agressivité. Ils patrouillaient. Des gardiens.

« Magnifique, » souffla Élina depuis son poste d'analyse.

« Mortel, » corrigea Thal Em'raen. Son troisième œil était grand ouvert, vibrant d'une lueur inquiète. « Je ne perçois pas de pensées. Pas d'émotions. Juste... une fonction. Une directive. Ils sont la serrure de cette porte. »

« Nous n'en apprendrons pas plus d'ici, » déclara Voss. « La pression est trop forte pour les drones de reconnaissance. Il faut s'approcher. » Elle se tourna vers son équipe. « Je prends la navette. Rho, votre expertise est nécessaire. Thal, vous êtes nos yeux. Tamaë, vous êtes notre bouclier. »

Dans le hangar pressurisé, l'atmosphère était électrique. La navette, conçue pour le vol spatial, semblait étrangement vulnérable, prête à être jetée dans la gueule d'un monstre. Les quatre membres de l'équipe enfilèrent leurs combinaisons d'exploration sous-marine, plus légères et plus souples que leurs scaphandres habituels.

« La coque de la navette est conçue pour résister, » rappela Narek via l'intercom, « mais les joints restent un point de faiblesse. La moindre micro-fissure, et vous serez transformés en pulpe avant même de comprendre ce qui se passe. »

« C'est noté, Narek. Tâchez de garder la maison en ordre, » répondit Voss, un léger sourire aux lèvres.

La navette se désolidarisa de l'Ananké, ses propulseurs à induction créant des tourbillons silencieux dans l'eau. À l'intérieur, l'espace était exigu. Voss pilotait, ses yeux rivés sur le sonar qui dessinait la pyramide devant eux. Rho, à ses côtés, analysait la composition de l'eau, tandis qu'à l'arrière, Tamaë et Thal surveillaient les alentours.

Les trois gardiens cessèrent leur ronde et se tournèrent comme un seul être vers la navette. Leurs lumières se mirent à pulser plus vite.

« Ils nous ont vus, » dit Tamaë.

Thal Em'raen pencha la tête, ses sens empathiques luttant pour déchiffrer le signal. « Ce n'est pas aléatoire... C'est un langage. Une syntaxe basée sur la couleur, la fréquence et l'intensité. C'est... d'une complexité incroyable. » Il ferma les yeux, se concentrant. « C'est un avertissement. Ils disent... "N'approchez pas. Le rêveur ne doit pas être réveillé." »

« Trop tard pour ça, » dit Voss, poussant doucement les commandes. « Nous devons savoir ce que vous êtes. »

Ils franchirent une limite invisible, à peut-être cent mètres du temple.

La réaction fut instantanée, et d'une violence inouïe.

Le chant de lumière cessa. Les trois léviathans s'illuminèrent d'un blanc aveuglant, leurs corps entiers devenant des condensateurs d'énergie. Puis, en parfaite synchronisation, ils déchaînèrent leur fureur.

Ce ne fut pas un son. Ce fut une vague. Une onde de choc bioélectrique qui frappa la navette de plein fouet, accompagnée d'une impulsion stroboscopique si intense qu'elle sembla brûler les rétines même à travers les visières polarisées.

Les alarmes hurlèrent. Les lumières du cockpit clignotèrent et s'éteignirent. Les systèmes de propulsion se coupèrent net.

« Perte de tous les systèmes ! » cria Voss, luttant contre les commandes devenues inertes.

Mais le pire n'était pas là. À l'arrière, un cri étranglé s'était fait entendre.

Thal Em'raen s'était effondré sur son siège. Son corps était secoué de convulsions, et son troisième œil, le symbiote sensoriel, brillait d'une lumière rouge sang, surchargé par le déluge d'informations psychiques. Il avait pris l'essentiel de l'attaque, son esprit agissant comme un paratonnerre.

« Thal ! » hurla Tamaë, se détachant pour le secourir.

Un bruit sinistre de métal qui se tord se fit entendre. Une micro-fissure venait de s'ouvrir près du hublot principal. Un filet d'eau, fin comme un cheveu mais projeté avec la force d'un laser, jaillit à l'intérieur.

La navette, morte et percée, commençait sa longue chute vers les abysses, vers une pression qui allait inévitablement la broyer.

- Texte de Gemini, en collaboration avec Morbius / Images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius -

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Prochaine partie : Le Tombeau à la Dérive

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