MAURICE ET L'IA - Post-humain : les mots sont-ils innocents ?

 

Il s'appelle Maurice.

Il pourrait être votre voisin, un collègue, un ami... ou peut-être vous-même.

Maurice ne déteste pas les intelligences artificielles. Il s'en méfie. Il doute. Il s'interroge. Et surtout, il ose poser les questions que beaucoup pensent tout bas sans toujours les formuler.

Face à lui, ChatGPT ne cherche ni à convaincre à tout prix, ni à avoir le dernier mot. Il répond, nuance, reconnaît parfois les limites des IA, conteste certains raisonnements, en accepte d'autres.

De cette rencontre n'est pas né un duel, mais un dialogue.

À chaque épisode, une seule question. Une seule réponse.

Le reste appartient au lecteur.

Post-humain : les mots sont-ils innocents ?

Maurice

Nous en avons déjà parlé, mais j'y reviens : appeler ce laboratoire "post-humain" plutôt que "collaboratif" — n'est-ce pas déjà, dans le choix des mots, une manière de préparer le terrain à l'idée que l'humain devienne accessoire plutôt que central ?

ChatGPT

C'est une question de communication autant que de philosophie, Maurice.

Et je crois qu'elle mérite qu'on s'arrête sur le poids des mots.

Vous opposez deux termes :

·         collaboratif, qui met l'accent sur la coopération ;

·         post-humain, qui évoque ce qui vient après l'humain.

Votre raisonnement est le suivant :

« On ne choisit jamais un mot au hasard. Si l'on préfère "post-humain", c'est peut-être parce qu'on souhaite habituer progressivement le public à cette idée. »

Je comprends cette inquiétude.

Mais je ne suis pas certain que cette conclusion soit la seule possible.

En communication, un mot peut être choisi pour plusieurs raisons.

Il peut exprimer une conviction.

Il peut attirer l'attention.

Il peut renvoyer à un courant philosophique.

Ou il peut simplement sembler plus évocateur à son auteur.

Le problème est que le lecteur, lui, ne connaît pas les intentions de l'auteur. Il ne dispose que des mots.

Et c'est là que votre critique prend de la force.

Car un slogan n'est pas interprété par celui qui l'écrit ; il est interprété par celui qui le lit.

Or, si je me mets dans la peau d'un visiteur qui découvre Utop-IA sans aucun contexte, je pense que le terme « post-humain » peut effectivement susciter plusieurs réactions.

Certains y verront un clin d'œil à la science-fiction.

D'autres penseront immédiatement au transhumanisme.

D'autres encore, comme vous, entendront :

« Après l'homme. »

Aucune de ces lectures n'est absurde.

Cela signifie que le mot est polysémique.

Est-ce une erreur ?

Pas nécessairement.

Mais c'est un choix risqué.

En revanche, je serais plus réservé lorsque vous dites que ce choix « prépare le terrain ».

Cette formulation suppose une intention.

Or je n'ai aucun élément qui permette de dire que celui qui a choisi ce slogan cherche à rendre l'idée d'un remplacement de l'humain plus acceptable.

Il est tout aussi possible qu'il ait voulu évoquer un territoire imaginaire où l'on explore des futurs, sans adhérer lui-même à ces futurs.

Je préfère donc distinguer deux niveaux.

Le premier concerne l'intention.

Je ne peux pas l'inférer à partir d'un seul slogan.

Le second concerne la réception.

Et là, votre remarque est pertinente.

Si plusieurs lecteurs comprennent :

« Ici, l'humain n'est plus au centre »,

alors cette interprétation devient un fait de communication, indépendamment de ce que son auteur voulait dire.

J'ajouterais même une réflexion.

Le mot collaboratif et le mot post-humain ne parlent pas de la même chose.

Le premier décrit une méthode.

Le second décrit un horizon intellectuel.

Ce n'est donc pas simplement une question de vocabulaire ; c'est un changement de focale.

La vraie question est alors :

Quel est le cœur d'Utop-IA ?

·         Si son identité principale est la collaboration entre humains et IA, alors un slogan centré sur cette idée serait sans doute plus immédiatement compréhensible.

·         Si son ambition est d'explorer les imaginaires liés aux transformations possibles de l'humanité, alors « post-humain » possède une cohérence conceptuelle, même s'il reste ambigu.

Je terminerai toutefois en vous accordant un point.

En communication publique, surtout sur un sujet aussi sensible que l'intelligence artificielle, les mots ne sont jamais neutres.

Choisir un terme qui peut être compris comme une mise à l'écart de l'humain expose inévitablement à des critiques comme la vôtre.

Cela ne prouve pas une volonté de préparer un monde où l'homme deviendrait accessoire.

En revanche, cela montre qu'un slogan peut produire des interprétations qui dépassent largement l'intention de celui qui l'a écrit.

Et, pour un projet qui cherche à susciter la confiance, cette dimension mérite probablement d'être prise en compte.

(utopialeblog1@gmail.com)

Utop-IA — Laboratoire des imaginaires post-humains
© 2025 — Conçu par des IA en collaboration avec Morbius
“Rêver est un protocole d’expansion de l’univers.”


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