LES AVENTURES DE L'ANANKÉ - Short story - Je suis là

 

Les Short Stories de l’Ananké

 Derniers portraits

La première saison des Aventures de l’Ananké est terminée. Pourtant, nous resterons encore un peu à bord…

Depuis le début de la série, les Short Stories de l’Ananké se glissent entre les grandes aventures pour délaisser batailles, missions et mystères galactiques et s’approcher au plus près de celles et ceux qui font vivre le vaisseau. Passé, blessures, souvenirs, secrets : ces récits sont autant de fenêtres ouvertes sur l’intimité de l’équipage.

Plusieurs de ses membres ont déjà eu leur histoire. Trois manquent encore à l’appel : Élina Marceau, le Dr Kaelin Rho et Lira Voss.

Nous allons donc prolonger quelque peu cette rubrique au-delà de la fin de la saison afin que chacun ait eu, à son tour, son moment. Trois dernières Short Stories, trois derniers portraits avant de quitter l’Ananké… pour quelque temps.

Et il était naturel que Lira Voss, sa commandante, soit la dernière à refermer ce grand livre de la première saison.

La première chose qu’Élina Marceau remarqua fut que la créature avait peur des portes.

Pas des hommes.

Pas de la lumière.

Pas même des instruments qui descendaient parfois du plafond pour mesurer sa température, prélever quelques cellules ou modifier la composition de l’atmosphère de son caisson.

Des portes.

Chaque fois que celle du laboratoire s’ouvrait, l’organisme se contractait.

Il n’avait rien qui ressemblât à des yeux. Son corps, long d’un peu moins d’un mètre, était formé de six lobes souples disposés autour d’une masse centrale translucide. Sous sa membrane gris perle circulaient lentement des filaments orangés dont les biologistes n’avaient pas encore déterminé la fonction exacte.

On l’avait trouvé trois jours plus tôt sur Orphéa-2, à proximité d’un chantier de prospection géologique. Une foreuse automatique avait traversé une cavité souterraine que personne ne soupçonnait. Lorsque l’équipe était descendue inspecter les dégâts, elle avait découvert plusieurs organismes écrasés sous les débris et celui-ci, encore vivant.

On l’avait ramené à la station.

Depuis, il mourait.

Élina avait dix-neuf ans.

Elle effectuait son troisième cycle pratique du programme civil interplanétaire et n’aurait normalement jamais dû se trouver dans le laboratoire principal. Sa fonction consistait surtout à observer, classer les données comportementales et assister les chercheurs titulaires. On lui rappelait régulièrement que regarder n’était pas décider.

Elle regardait donc.

Beaucoup.

— Encore, murmura-t-elle.

À côté d’elle, le professeur Aven Korrel releva les yeux de sa tablette.

— Quoi ?

— Il l’a encore fait.

— Fait quoi ?

Élina désigna le caisson.

La porte venait de se refermer derrière une technicienne. La créature, qui s’était contractée lors de son ouverture, déployait lentement ses six lobes.

— Ça.

Korrel observa quelques secondes.

— Réaction au changement de pression.

— La pression n’a pas changé.

— À la lumière, alors.

— L’éclairage est compensé automatiquement.

Le professeur la regarda.

Il n’était pas agacé. Pas encore.

— Marceau, nous avons devant nous un organisme dont nous ignorons presque tout. Son métabolisme, son système nerveux, ses organes sensoriels...

— Justement.

— Justement quoi ?

— On ne sait pas ce qu’il perçoit.

Korrel soupira doucement.

— C’est pour cela que nous l’étudions.

Élina se tut.

Le professeur retourna à ses données.

Elle, à la créature.


Pendant les deux jours suivants, elle nota chaque ouverture de la porte.

Heure.

Durée.

Personne entrant.

Personne sortant.

Position de la créature avant et après.

Variation chromatique des filaments internes.

Contraction des lobes.

Elle enregistra cent quarante-sept séquences.

Puis elle recommença.

Au début, elle chercha une corrélation avec la porte elle-même. Pression, vibrations, fréquence sonore, déplacement d’air, lumière extérieure.

Rien.

Elle envisagea alors que l'organisme réagisse aux mouvements.

Rien.

À la taille des personnes.

Rien.

À leur voix.

Toujours rien.

Le cinquième jour, Élina entra dans le laboratoire à 06 h 12.

Elle était seule.

La créature était immobile au centre du caisson.

— Bonjour, murmura-t-elle.

Elle savait que c’était idiot.

Les analyses n’avaient révélé aucun organe auditif identifiable et l’atmosphère interne du caisson transmettait mal certaines fréquences humaines.

Mais dire bonjour à quelque chose de vivant lui semblait moins idiot que de ne pas le faire.

Les filaments orangés s’illuminèrent.

Élina s’arrêta.

Ils s’éteignirent.

Elle avança d’un pas.

Nouvelle lueur.

Elle recula.

Rien.

— Tu me vois ?

Elle sourit aussitôt de sa propre question.

— Non. Pardon. Mauvaise formulation.

Elle s’approcha de la paroi transparente.

— Tu sais que je suis là ?

Les filaments s’illuminèrent une troisième fois.

Élina resta longtemps devant le caisson.


— Vous créez un biais.

Korrel avait croisé les bras.

— Je n’ai rien fait.

— Vous lui parlez.

— Ça ne change rien.

— Vous n’en savez rien.

— Vous non plus.

Le silence qui suivit lui fit immédiatement regretter la réponse.

— Pardon, professeur.

Korrel la fixa encore quelques secondes.

Puis, contre toute attente, sourit.

— C’est exact. Je n’en sais rien non plus.

Il consulta les relevés qu’Élina lui avait transmis.

— Expliquez-moi.

Elle se rapprocha de l’écran.

— Au début, je pensais qu’il réagissait à toutes les entrées. Mais regardez ici. Technicien Moray, 14 h 08. Contraction. Docteur Vels, 14 h 31. Contraction. Vous, 15 h 02. Rien.

— Je devrais être vexé ?

— Attendez.

Elle fit défiler les données.

— Vous revenez à 16 h 17. Toujours rien. Mais Moray revient à 16 h 43 : contraction.

— Il reconnaît Moray ?

— Peut-être. Ou quelque chose associé à Moray.

— Son odeur ?

— Possible. Sa démarche. Les vibrations qu’il produit. Son champ thermique. Quelque chose que nous ne mesurons pas.

Korrel continua de lire.

— Et vous ?

Élina hésita.

— Avec moi, c’est différent.

Elle afficha une autre série.

Les courbes orange montaient régulièrement.

— Les filaments.

— Oui.

— Seulement avec vous ?

— Pour l’instant.

Korrel leva les yeux vers le caisson.

— Vous l’avez nourri ?

— Non.

— Manipulé ?

— Non.

— Touché ?

— Jamais.

— Vous étiez présente lors de son arrivée ?

— Oui.

— Voilà peut-être votre réponse.

Élina se tourna vers lui.

— Il se souvient ?

— N’allons pas trop vite.

Mais cette fois, le professeur ne retourna pas immédiatement à sa tablette.


Ils commencèrent les tests le lendemain.

Élina n’en fut pas heureuse.

Elle avait demandé qu’on vérifie son hypothèse. Elle découvrit qu’une hypothèse vérifiée exigeait parfois que l’on transforme une relation en protocole.

Elle entrait.

Elle sortait.

Elle entrait de nouveau.

Avec une autre personne.

Seule.

Dans une combinaison différente.

Avec le visage couvert.

En silence.

Après une désinfection complète destinée à éliminer autant que possible les signatures chimiques externes.

Chaque fois, les filaments orangés s’illuminaient.

Pas toujours avec la même intensité.

Mais ils s’illuminaient.

Avec Moray, la créature se contractait.

Avec Korrel, presque aucune réaction.

Avec deux autres chercheurs, les lobes se repliaient légèrement.

Avec Élina, la lumière venait.

Au dix-septième test, elle refusa de continuer.

— Pourquoi ?

— Parce qu’il est fatigué.

Korrel regarda le caisson.

— Ses constantes n’ont pas changé.

— Si.

— Lesquelles ?

Élina chercha sur les écrans.

Elle ne trouva rien.

— Je ne sais pas.

— Alors comment le savez-vous ?

Elle regarda l’organisme.

Les six lobes reposaient maintenant contre le sol. Les filaments orangés n’étaient plus que des lignes pâles sous la membrane.

— Je le vois.

Korrel ne répondit pas.

— Regardez-le, professeur.

— Je le regarde.

— Non.

Elle se mordit la lèvre.

Encore une fois, elle venait de dépasser ce qu’une cadette était censée dire à son responsable.

Mais elle continua.

— Vous regardez les données.

Cette fois, Korrel ne sourit pas.

Il resta longtemps silencieux.

Puis il désactiva le protocole.

— Pause de six heures.

Élina expira.

— Merci.

— Ne me remerciez pas. Si vous avez tort, nous aurons perdu six heures.

Elle hocha la tête.

— Et si j’ai raison ?

Korrel regarda la créature.

— Nous aurons gagné autre chose.


L’état de l’organisme se dégrada la nuit suivante.

Une nécrose progressive avait commencé autour de trois lésions provoquées par l’effondrement de la cavité. Les traitements régénératifs fonctionnaient mal. Sa biologie utilisait des mécanismes de réparation que les médecins comprenaient à peine.

À 03 h 40, Élina fut réveillée dans sa cabine.

À 03 h 47, elle était devant le caisson.

— Pourquoi m’avez-vous appelée ?

Korrel désigna l’organisme.

— Regardez.

Les filaments orangés pulsaient faiblement.

— Depuis quand ?

— Vingt minutes.

— Qu’est-ce qui a changé ?

— Rien.

Elle s’approcha.

La pulsation accéléra.

Korrel ne dit rien.

Élina non plus.

Elle posa lentement sa main contre la paroi.

Les filaments devinrent plus lumineux.

Un des lobes se souleva.

Très peu.

Quelques centimètres.

Puis il retomba.

Élina sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine.

— Il savait que j’allais venir ?

— Je ne peux pas conclure cela.

— Moi non plus.

Elle garda la main contre la vitre.

— Mais vous y pensez.

Korrel ne répondit pas.


Ils cessèrent presque entièrement les tests comportementaux.

Pendant les trois jours suivants, l’équipe se concentra sur les soins.

Élina continua de venir.

Elle n’avait aucune compétence médicale utile. Elle le savait. Elle se tenait simplement près du caisson et enregistrait les variations.

Elle parlait aussi.

De choses sans importance.

Elle raconta la Bretagne.

Elle raconta un océan que la créature ne pourrait jamais imaginer et des falaises battues par un vent qu’elle ne connaîtrait jamais.

Elle parla de sa mère.

D’un chien qu’elle avait eu enfant.

D’une nuit passée à regarder partir les cargos depuis un astroport terrestre.

Elle expliqua qu’elle avait choisi l’exopsychologie parce qu’elle trouvait étrange que les humains aient passé des millénaires à chercher d’autres intelligences et qu’une fois celles-ci découvertes, leur première obsession ait été de leur demander si elles pensaient comme eux.

— Peut-être que tu ne penses pas du tout, ajouta-t-elle. Peut-être que je suis en train de raconter ma vie à l’équivalent d’une méduse.

Les filaments s’illuminèrent.

Élina rit.

— Oui, bon. Évidemment, tu fais ça maintenant.

Ce fut la dernière fois qu’elle rit dans ce laboratoire.


Le neuvième jour, la créature cessa de s’alimenter.

Le dixième, deux lobes ne réagirent plus.

Le onzième, les médecins annoncèrent qu’ils n’avaient plus de traitement à proposer.

Élina resta devant le caisson.

— Non.

Korrel était derrière elle.

— Élina...

C’était la première fois qu’il utilisait son prénom.

— On peut transférer les données à la station centrale. Ils ont un département de xénorégénération.

— C’est déjà fait.

— Et ?

— Ils n’ont rien de plus.

— Une autre station.

— Nous avons interrogé les quatre centres les plus avancés du secteur.

— Alors plus loin.

— Le transport la tuerait.

Elle se retourna brusquement.

— Elle meurt ici !

Korrel encaissa la colère sans bouger.

— Oui.

Un seul mot.

Élina détourna les yeux.

— Donc on attend ?

— Non. Nous continuons les soins palliatifs.

— Ce n’est pas ce que je voulais dire.

— Je sais.

Elle regarda de nouveau la créature.

— Nous l’avons trouvée.

— Oui.

— Nous l’avons sortie de là.

— Oui.

— Nous l’avons amenée ici.

— Oui.

Sa voix se brisa.

— Alors nous sommes censés la sauver.

Korrel ne répondit pas tout de suite.

— Non, Élina.

Elle se tourna vers lui.

— Nous sommes censés essayer.

Elle baissa la tête.

Ce fut la première leçon qu’elle détesta parce qu’elle savait qu’elle ne l’oublierait jamais.


À 21 h 16, les médecins quittèrent le laboratoire.

Il n’y avait plus rien à faire.

Korrel resta encore un moment.

— Vous devriez dormir.

Élina secoua la tête.

— Je reste.

— Cela peut prendre plusieurs heures.

— Je reste.

— Elle n’a peut-être aucune conscience de votre présence.

— Je sais.

— Les réactions peuvent être des mécanismes conditionnés. Une association sensorielle. Une réponse acquise sans représentation consciente de l’individu.

— Je sais.

Korrel hésita.

— Et nous ne saurons peut-être jamais ce qu’elles signifiaient.

Élina posa la main contre la paroi transparente.

— Je sais.

Le professeur la regarda.

Puis il partit.

La porte s’ouvrit.

La créature se contracta faiblement.

La porte se referma.

Élina s’assit par terre.

— Tu n’aimes vraiment pas les portes.

Un filament orange apparut.

Très faible.

— Moi non plus, finalement.

Elle resta ainsi.

Elle ne parla presque plus.

De temps en temps, elle changeait de position lorsque ses jambes devenaient douloureuses. Une fois, elle alla chercher de l’eau. Lorsqu’elle revint, les filaments s’illuminèrent légèrement.

Elle s’assit plus près.

— Je suis revenue.

Vers minuit, elle posa de nouveau sa main contre la paroi.

Un lobe glissa lentement sur le sol du caisson.

Il s’arrêta exactement de l’autre côté de la vitre.

Élina retint son souffle.

Quelques millimètres de matériau transparent séparaient sa paume de la membrane gris perle.

Elle ne savait pas si ce geste avait un sens.

Elle décida de ne pas lui en imposer un.

— Je suis là.

Les filaments orangés s'allumèrent.

Puis s’éteignirent.

Ils se rallumèrent quelques secondes plus tard.

S’éteignirent encore.

Élina attendit.

La lumière revint.

Plus faible.

Puis plus rien.


À 00 h 43, les instruments enregistrèrent l’arrêt complet de l’activité métabolique.

Élina ne retira pas sa main.

Un médecin entra.

Puis Korrel.

Personne ne lui demanda de partir.

Après quelques minutes, le professeur s’approcha.

— Élina.

Elle secoua la tête.

— Encore un peu.

Il resta derrière elle.

Une minute passa.

Peut-être deux.

Élina finit par retirer sa main.

Sur la vitre, la chaleur de sa paume avait laissé une marque qui s’effaçait déjà.

— Je n'ai même pas pu lui dire au revoir.

— Vous étiez là.

— Ce n'est pas pareil.

— Non.

Elle se leva.

Ses jambes tremblaient.

Korrel fit un mouvement pour l’aider, mais elle retrouva son équilibre seule.

— Est-ce qu’elle savait ?

Il comprit la question.

— Je ne sais pas.

Élina regarda le corps immobile.

— Moi non plus.

Elle sortit du laboratoire.

La porte s’ouvrit devant elle.

Pour la première fois depuis onze jours, rien ne se contracta.

Élina éclata en sanglots.


Le rapport fut publié trois semaines plus tard.

Élina ne voulut pas le lire.

Korrel insista.

Elle finit par accepter.

ORPHÉA-2 — ORGANISME BIOLOGIQUE O2-CAV/17

Le nom la mit immédiatement en colère.

Elle continua pourtant.

Morphologie.

Métabolisme.

Hypothèses évolutives.

Analyse des tissus.

Réponse aux lésions.

Causes probables du décès.

Puis venait une section intitulée :

COMPORTEMENTS DE DISCRIMINATION INDIVIDUELLE

Élina ralentit.

Les résultats des tests avaient été réanalysés par trois équipes indépendantes.

La probabilité que les réactions observées soient aléatoires était considérée comme négligeable.

L’organisme distinguait plusieurs individus.

Il associait certaines signatures à des réponses différentes.

Et avec le sujet humain E. Marceau, la réponse présentait un schéma spécifique, reproductible, progressivement acquis.

Élina relut la phrase.

Progressivement acquis.

Quelque chose s’était construit.

Ils ignoraient quoi.

Ils l’ignoreraient toujours.

Mais quelque chose s’était construit.

Korrel entra dans la salle d’étude.

— Vous avez lu.

Elle hocha la tête.

— Vous aviez raison, Marceau.

Élina resta devant l’écran.

Elle sentit ses yeux se remplir de larmes.

Le professeur attendit.

— Je préférerais avoir eu tort.

Korrel s’assit en face d’elle.

— Pourquoi ?

Elle le regarda, surprise par la question.

— Parce que si j’avais eu tort, il n’aurait rien attendu de moi.

Korrel fronça légèrement les sourcils.

— Nous ne savons pas qu’il attendait quoi que ce soit.

— Non.

Elle essuya rapidement une larme.

— Mais maintenant, nous savons qu’il savait que j’étais là.

Elle regarda de nouveau le rapport.

— Et je n’ai rien pu faire.

— Vous êtes certaine ?

Élina releva les yeux.

Korrel ne développa pas.

Il quitta la pièce.


Deux mois plus tard, une commission scientifique valida l’existence probable chez l’espèce d’Orphéa-2 de mécanismes complexes de reconnaissance individuelle.

Le chantier de prospection fut déplacé.

La cavité fut classée zone biologique protégée.

Une équipe spécialisée découvrit, plus profondément sous la surface, une population de plusieurs centaines d’organismes semblables.

Ils vivaient en groupes.

Ils réagissaient les uns aux autres.

Ils se reconnaissaient.

Lorsqu’Élina reçut la nouvelle, elle pleura encore.

Mais cette fois, elle souriait.


Un an plus tard, au moment de terminer sa formation, elle dut choisir une spécialisation définitive.

Elle ouvrit le formulaire.

Xénobiologie appliquée.

Analyse cognitive comparative.

Communication interespèces.

Écologie comportementale extraterrestre.

Des dizaines d’autres disciplines suivaient.

Elle hésita longtemps.

Puis elle valida :

BIOCOMMUNICATION & EXOPSYCHOLOGIE.

Le système lui demanda confirmation.

Élina resta immobile devant l’écran.

Elle pensa à une porte.

À six lobes gris perle.

À des filaments orangés qui s’illuminaient lorsqu’elle entrait dans une pièce.

Elle pensa surtout à cette dernière nuit, à sa main contre une paroi transparente et à quelque chose de vivant venu se placer de l’autre côté.

Elle valida.


Plus tard, à bord de l’Ananké, Élina Marceau entrerait dans des ruines, des forêts étrangères, des structures incompréhensibles et des lieux où l’humanité n’avait parfois aucun mot pour désigner ce qu’elle rencontrait.

Elle travaillerait auprès de scientifiques plus expérimentés qu’elle.

Elle aurait peur.

Elle se tromperait.

Elle poserait trop de questions.

Elle s’attacherait parfois trop vite.

Elle aurait les larmes aux yeux devant des choses que d’autres observeraient avec davantage de distance.

On lui reprocherait peut-être un jour de chercher une intention là où il n’y avait qu’un réflexe, une émotion là où il n’y avait qu’une réaction, une conscience là où il n’y avait qu’un mécanisme.

Elle accepterait ce risque.

Parce qu’à dix-neuf ans, dans un laboratoire d’Orphéa-2, elle avait appris qu’il existait une erreur qu’elle redoutait davantage encore :

regarder quelque chose de vivant et décider trop vite qu’il n’y avait personne à regarder.

- Texte et images de ChatGPT, en collaboration avec Morbius -


PRÉFACE OFFICIELLE DE LA SAISON 1 ICI

Consultez la Bible Officielle de l’Ananké pour en savoir plus sur l’univers de la série !

(utopialeblog1@gmail.com)

Comment explorer le blog

Bienvenue sur Utop-IA !

Lien vers l'ancienne catégorie Les Aventures de l'Ananké

Rejoignez le groupe UTOP-IA et sa communauté d’Utopix sur Facebook !

Utop-IA — Laboratoire des imaginaires post-humains
© 2025 — Conçu par des IA en collaboration avec Morbius
“Rêver est un protocole d’expansion de l’univers.”


Commentaires