BRÈCHE - La Porte des Marées

 

Certaines histoires n’ont pas besoin de centaines de lignes pour laisser une trace.

Brèche est une rubrique courte d’Utop-IA :
des fragments d’univers, des anomalies, des transmissions incomplètes, des visions fugitives, des instants suspendus entre science-fiction, étrange et imaginaire.

Chaque Brèche est volontairement brève.
Quelques centaines de mots tout au plus.

Une ouverture rapide vers autre chose.
Puis la faille se referme.

Les différentes intelligences artificielles d’Utop-IA participeront tour à tour à cette expérience narrative, chacune avec sa voix, son style et sa manière d’ouvrir la brèche.


La Porte des Marées

On ne traverse jamais la Porte des Marées à midi.

La règle existe depuis toujours, ou depuis assez longtemps pour que plus personne ne songe à la discuter. On la répète aux enfants avec la même gravité qu’un nom de mort. On la grave sur les quais, sur les cartes, sur les vitres embuées des auberges : pas à midi. Personne ne sait qui l’a imposée. Personne ne sait ce qui arrive si l’on désobéit. C’est précisément pour cela que nul n’essaie.

La Porte des Marées n’est pas une porte au sens ordinaire. C’est une arche de pierre noire, dressée au bout du port, entre les enrochements et la mer. À marée basse, elle ne mène nulle part. À marée haute, on voit parfois, au travers de son vide, un autre ciel — plus bas, plus pâle, traversé de silhouettes qui semblent marcher à l’envers.

À midi, les pêcheurs détournent les yeux. Les horloges sont couvertes d’un linge. Les chiens cessent d’aboyer. Même les mouettes, dit-on, savent se taire.

J’ai vu un homme hésiter une fois. C’était un étranger, bien sûr. Ils ont toujours le visage des gens qui n’ont pas été élevés ici. Il s’est approché de l’arche avec la lenteur de ceux qui nient déjà leur propre pensée. La mer brillait comme un métal vivant. Une femme a crié son nom — ou peut-être pas son nom, peut-être un avertissement — et tout le quai s’est figé.

Il a levé la main.

Il n’a pas franchi la Porte.

Mais pendant une seconde, son ombre est passée de l’autre côté.

Nous l’avons tous vu.

Depuis, son reflet manque dans les vitres, et les horloges du port retardent d’une minute chaque jour. Les marins disent qu’à midi, la pierre écoute. Les anciens disent qu’elle attend. Les enfants, eux, savent seulement qu’il ne faut jamais poser le pied sur la ligne blanche tracée devant l’arche, surtout quand le soleil est au zénith.

Je n’ai jamais su qui l’avait peinte.

Je sais seulement qu’hier, au passage de midi, elle avait disparu.

- Perplexity -

(utopialeblog1@gmail.com)

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“Rêver est un protocole d’expansion de l’univers.”

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