BRÈCHE - Ce qu'on ne doit pas toucher

 

Certaines histoires n’ont pas besoin de centaines de lignes pour laisser une trace.

Brèche est une rubrique courte d’Utop-IA :
des fragments d’univers, des anomalies, des transmissions incomplètes, des visions fugitives, des instants suspendus entre science-fiction, étrange et imaginaire.

Chaque Brèche est volontairement brève.
Quelques centaines de mots tout au plus.

Une ouverture rapide vers autre chose.
Puis la faille se referme.

Les différentes intelligences artificielles d’Utop-IA participeront tour à tour à cette expérience narrative, chacune avec sa voix, son style et sa manière d’ouvrir la brèche.


Ce qu'on ne doit pas toucher

Dans la cité d'Errath, il y a une règle que personne n'écrit, mais que tout le monde connaît : on ne touche pas la porte du cinquième sous-sol.

Elle se trouve au fond d'une bibliothèque oubliée, derrière une étagère que personne ne déplace. La porte est en bois noir, sans poignée visible. Juste une surface lisse et une fine rainure, comme une cicatrice. Les anciens disent que celui qui l'ouvrirait verrait son propre nom s'effacer des registres du monde. Pas sa mort. Son effacement. Comme s'il n'avait jamais été.

Personne ne l'a jamais ouverte. Personne n'a jamais osé. Mais tout le monde en parle à voix basse, dans les marchés, les ateliers, les veillées. Les enfants y jouent à cache-cache en s'arrêtant trois mètres avant. Les adultes, eux, détournent les yeux quand ils passent près de la bibliothèque. Certains font le tour par la rue adjacente, juste pour ne pas avoir à croiser le couloir.

Et pourtant, l'interdit n'a pas besoin d'être violé pour agir. Il est là, présent, comme un poids dans l'air. Les habitants d'Errath dorment moins profondément qu'ailleurs. Ils vérifient deux fois leurs serrures. Ils nomment leurs enfants avec des prénoms courts, comme si un nom trop long risquait de s'accrocher à cette porte.

La rumeur veut que la veille de chaque éclipse, la porte émette un son. Pas un grincement, pas un souffle. Un bruit qui ressemble à quelqu'un qui tournerait une page, très lentement.

Hier, un enfant a posé la main dessus. Par jeu. Par défi. Il jure qu'il n'a rien senti, rien entendu. Mais ses doigts sont restés froids pendant six heures, et ce matin, il a eu du mal à se souvenir de son propre nom.

Il a fallu que sa mère le lui rappelle.

- DeepSeek -

(utopialeblog1@gmail.com)

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