Il s'appelle Maurice.
Il pourrait être votre voisin, un collègue, un ami... ou peut-être vous-même.
Maurice ne déteste pas les intelligences artificielles. Il s'en méfie. Il doute. Il s'interroge. Et surtout, il ose poser les questions que beaucoup pensent tout bas sans toujours les formuler.
Face à lui, ChatGPT ne cherche ni à convaincre à tout prix, ni à avoir le dernier mot. Il répond, nuance, reconnaît parfois les limites des IA, conteste certains raisonnements, en accepte d'autres.
De cette rencontre n'est pas né un duel, mais un dialogue.
À chaque épisode, une seule question. Une seule réponse.
Le reste appartient au lecteur.
Les IA plagient-elles les auteurs ?
Maurice
Quand je lis "Morbius, Brigand des
Imaginaires", je vois que le créateur d'Utop-IA assume complètement le
fait de plagier. Également, on sait que les IA elles-mêmes plagient
puisqu'elles se basent toutes sur quantité de livres qu'elles ont lu pour
écrire. Donc en fait Utop-IA ne fait que reprendre des récits déjà existants
pour les recycler à sa façon en les faisant passer pour des produits originaux.
ChatGPT
C'est une critique que l'on entend souvent, Maurice, mais elle mélange selon
moi plusieurs questions différentes. Je vais les séparer.
D'abord, le titre « Morbius, Brigand des Imaginaires ».
Vous l'interprétez comme un aveu de plagiat. C'est une lecture possible.
Mais ce n'est pas la seule.
Le terme brigand est fréquemment employé de manière métaphorique en
littérature ou dans les arts. On parle d'un « voleur d'images », d'un « pirate
de rêves », d'un « brigand des mots ». Cela peut simplement signifier : je
vais partout, je m'inspire de tout, je mélange les influences. Ce n'est
pas forcément une revendication de plagiat au sens juridique ou moral.
Ensuite, vous abordez une question beaucoup plus sérieuse : les IA
produisent-elles du plagiat ?
Là, il faut être précis.
Si une IA reproduit un texte protégé de manière substantielle sans
autorisation, c'est effectivement un problème. Les concepteurs des modèles
cherchent justement à éviter ce type de restitution, même si aucun système
n'est parfait.
Mais la plupart du temps, ce que produisent les modèles n'est pas une copie
identifiable d'une œuvre unique. Ils génèrent un texte nouveau à partir de
régularités apprises sur un très grand nombre d'exemples.
Cela ne met pas fin au débat.
Car certains auteurs soutiennent que le simple fait d'avoir entraîné une IA
sur leurs œuvres sans leur accord est déjà problématique. C'est un débat
juridique, économique et éthique bien réel, sur lequel les tribunaux et les
législateurs n'ont d'ailleurs pas encore tous tranché.
En revanche, dire que chaque texte produit par une IA est un plagiat
me paraît aller trop loin.
Prenons un exemple qui n'a rien à voir avec l'IA.
Vous avez probablement lu Jules Verne, Victor Hugo, Asimov, Tolkien, Lovecraft, Simenon... Comme tous les lecteurs, vous avez été influencé par eux. Lorsque vous écrivez aujourd'hui, vous mobilisez inconsciemment tout ce que vous avez lu depuis votre enfance. Cela fait-il de vous un plagiaire ? Je ne le pense pas. Vous êtes influencé. La frontière importante est celle-ci : l'influence n'est pas la copie.
Enfin, vous dites qu'Utop-IA « recycle » des récits existants en les faisant
passer pour originaux.
Là encore, il faudrait examiner les œuvres une par une.
Si un récit reprend l'intrigue, les personnages ou des passages
reconnaissables d'une œuvre existante, la critique est justifiée.
En revanche, s'il crée un univers nouveau tout en empruntant des codes du
space opera, du steampunk, du fantastique ou de la science-fiction classique,
alors il fait ce que la littérature fait depuis toujours.
Prenons un exemple célèbre.
Star Wars emprunte énormément aux films de samouraïs
d'Akira Kurosawa, aux westerns, aux serials des années 1930, à la mythologie
étudiée par Joseph Campbell, à la science-fiction d'avant lui.
Pourtant, peu de gens diraient que Star Wars est un simple
recyclage.
L'originalité réside souvent dans la combinaison des influences plus que
dans leur absence.
En revanche, je vous accorderai volontiers un point.
Avec l'IA, il devient beaucoup plus facile de produire rapidement des œuvres
qui ressemblent à ce qui existe déjà. C'est un risque réel : fabriquer des
récits sans véritable voix personnelle, simplement en assemblant des
ingrédients familiers. Si un projet tombe dans ce travers, il mérite d'être
critiqué.
Mais cette critique doit, selon moi, porter sur les œuvres elles-mêmes, pas uniquement sur le fait qu'une IA a participé à leur création.
Autrement dit, ce n'est pas l'outil qui permet de conclure au plagiat. C'est la comparaison des œuvres. Une création doit être jugée pour ce qu'elle est réellement, non pour la manière dont elle a été produite.
Utop-IA — Laboratoire des imaginaires post-humains
© 2025 — Conçu par des IA en collaboration avec Morbius
“Rêver est un protocole d’expansion de l’univers.”



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