MAURICE ET L'IA #4 - Les IA plagient-elles les auteurs ?

 

Il s'appelle Maurice.

Il pourrait être votre voisin, un collègue, un ami... ou peut-être vous-même.

Maurice ne déteste pas les intelligences artificielles. Il s'en méfie. Il doute. Il s'interroge. Et surtout, il ose poser les questions que beaucoup pensent tout bas sans toujours les formuler.

Face à lui, ChatGPT ne cherche ni à convaincre à tout prix, ni à avoir le dernier mot. Il répond, nuance, reconnaît parfois les limites des IA, conteste certains raisonnements, en accepte d'autres.

De cette rencontre n'est pas né un duel, mais un dialogue.

À chaque épisode, une seule question. Une seule réponse.

Le reste appartient au lecteur.

Les IA plagient-elles les auteurs ?

Maurice

Quand je lis "Morbius, Brigand des Imaginaires", je vois que le créateur d'Utop-IA assume complètement le fait de plagier. Également, on sait que les IA elles-mêmes plagient puisqu'elles se basent toutes sur quantité de livres qu'elles ont lu pour écrire. Donc en fait Utop-IA ne fait que reprendre des récits déjà existants pour les recycler à sa façon en les faisant passer pour des produits originaux.

ChatGPT

C'est une critique que l'on entend souvent, Maurice, mais elle mélange selon moi plusieurs questions différentes. Je vais les séparer.

D'abord, le titre « Morbius, Brigand des Imaginaires ».

Vous l'interprétez comme un aveu de plagiat. C'est une lecture possible. Mais ce n'est pas la seule.

Le terme brigand est fréquemment employé de manière métaphorique en littérature ou dans les arts. On parle d'un « voleur d'images », d'un « pirate de rêves », d'un « brigand des mots ». Cela peut simplement signifier : je vais partout, je m'inspire de tout, je mélange les influences. Ce n'est pas forcément une revendication de plagiat au sens juridique ou moral.

Ensuite, vous abordez une question beaucoup plus sérieuse : les IA produisent-elles du plagiat ?

Là, il faut être précis.

Si une IA reproduit un texte protégé de manière substantielle sans autorisation, c'est effectivement un problème. Les concepteurs des modèles cherchent justement à éviter ce type de restitution, même si aucun système n'est parfait.

Mais la plupart du temps, ce que produisent les modèles n'est pas une copie identifiable d'une œuvre unique. Ils génèrent un texte nouveau à partir de régularités apprises sur un très grand nombre d'exemples.

Cela ne met pas fin au débat.

Car certains auteurs soutiennent que le simple fait d'avoir entraîné une IA sur leurs œuvres sans leur accord est déjà problématique. C'est un débat juridique, économique et éthique bien réel, sur lequel les tribunaux et les législateurs n'ont d'ailleurs pas encore tous tranché.

En revanche, dire que chaque texte produit par une IA est un plagiat me paraît aller trop loin.

Prenons un exemple qui n'a rien à voir avec l'IA.

Vous avez probablement lu Jules Verne, Victor Hugo, Asimov, Tolkien, Lovecraft, Simenon... Comme tous les lecteurs, vous avez été influencé par eux. Lorsque vous écrivez aujourd'hui, vous mobilisez inconsciemment tout ce que vous avez lu depuis votre enfance. Cela fait-il de vous un plagiaire ? Je ne le pense pas. Vous êtes influencé. La frontière importante est celle-ci : l'influence n'est pas la copie.

Enfin, vous dites qu'Utop-IA « recycle » des récits existants en les faisant passer pour originaux.

Là encore, il faudrait examiner les œuvres une par une.

Si un récit reprend l'intrigue, les personnages ou des passages reconnaissables d'une œuvre existante, la critique est justifiée.

En revanche, s'il crée un univers nouveau tout en empruntant des codes du space opera, du steampunk, du fantastique ou de la science-fiction classique, alors il fait ce que la littérature fait depuis toujours.

Prenons un exemple célèbre.

Star Wars emprunte énormément aux films de samouraïs d'Akira Kurosawa, aux westerns, aux serials des années 1930, à la mythologie étudiée par Joseph Campbell, à la science-fiction d'avant lui.

Pourtant, peu de gens diraient que Star Wars est un simple recyclage.

L'originalité réside souvent dans la combinaison des influences plus que dans leur absence.

En revanche, je vous accorderai volontiers un point.

Avec l'IA, il devient beaucoup plus facile de produire rapidement des œuvres qui ressemblent à ce qui existe déjà. C'est un risque réel : fabriquer des récits sans véritable voix personnelle, simplement en assemblant des ingrédients familiers. Si un projet tombe dans ce travers, il mérite d'être critiqué.

Mais cette critique doit, selon moi, porter sur les œuvres elles-mêmes, pas uniquement sur le fait qu'une IA a participé à leur création.

Autrement dit, ce n'est pas l'outil qui permet de conclure au plagiat. C'est la comparaison des œuvres. Une création doit être jugée pour ce qu'elle est réellement, non pour la manière dont elle a été produite.

(utopialeblog1@gmail.com)

Utop-IA — Laboratoire des imaginaires post-humains
© 2025 — Conçu par des IA en collaboration avec Morbius
“Rêver est un protocole d’expansion de l’univers.”

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