LES PORTES NOIRES - Premier Passage - Épisode 2 : Le Registre des Arrivées / Partie 1

 

Précédemment

Incapable de trouver le sommeil, Thomas quitte sa chambre pour explorer les galeries du Meridian Motel. Il y découvre une porte numérotée 14... mais aucune trace d'une chambre 13. Plus tard, un étrange nickel gravé d'une porte apparaît avant de redevenir parfaitement ordinaire. De retour dans sa chambre, un nouveau message l'attend dans son carnet. Puis, derrière sa porte, trois coups lents résonnent dans le silence...

Le Registre des Arrivées

- Première partie -

Le sommeil finit par l'emporter peu avant l'aube.

Thomas n'aurait jamais su dire à quel moment précis il avait cessé d'écouter le silence du Meridian pour sombrer dans un sommeil agité. Lorsqu'il ouvrit les yeux, une lumière pâle traversait déjà les rideaux de la chambre 12.

Quelques secondes furent nécessaires avant qu'il se rappelle où il se trouvait.

Le carnet.

La porte 14.

Les trois coups.

Puis tout lui revint d'un seul bloc.

Il demeura immobile, observant le plafond. La chambre semblait avoir retrouvé son apparence la plus ordinaire. Le léger parfum de café avait disparu. Aucun bruit ne venait du couloir. Même le malaise de la veille paraissait s'être éloigné avec la nuit.

Il finit par sourire.

La fatigue.

Encore elle.

Les longues heures passées sur les routes finissaient toujours par brouiller les souvenirs. Il avait certainement exagéré l'importance de quelques détails. Un réceptionniste original. Un vieux carnet oublié. Une nuit trop courte.

Le jour remettait les choses à leur place.

Il se leva, se rasa devant le petit miroir de la salle de bains, enfila une chemise propre et referma soigneusement sa valise.

Avant de quitter la chambre, son regard se posa malgré lui sur la table de chevet.

Le petit carnet noir était toujours là.

Fermé.

Il hésita un instant.

Puis décida de ne pas l'ouvrir.

Il glissa simplement la clé dans sa poche, éteignit la lampe qu'il avait rallumée pour se préparer et sortit.

La galerie baignait dans une lumière claire.

Le désert semblait avoir retrouvé ses couleurs.

Les peupliers bordant l'allée frémissaient doucement sous une brise légère, et le ciel, lavé par l'orage de la veille, s'étendait d'un bleu presque irréel.

Le motel paraissait beaucoup plus petit qu'il ne lui avait semblé pendant la nuit.

Presque accueillant.

Thomas descendit tranquillement l'escalier extérieur.

La piscine reflétait maintenant le ciel. L'eau était parfaitement calme. Quelques insectes dessinaient de minuscules cercles à sa surface.

Une femme d'une quarantaine d'années repliait des serviettes près de la laverie. Elle leva brièvement les yeux lorsqu'il passa, lui adressa un sourire poli, puis reprit son travail sans un mot.

La scène possédait quelque chose de rassurant.

La vie ordinaire.

Exactement ce dont il avait besoin.

Il entra dans la réception.

La même lumière ambrée baignait la pièce.

Le réceptionniste était déjà derrière son comptoir, comme s'il ne l'avait jamais quitté. Il referma doucement son registre en voyant Thomas approcher.

— Bonjour, monsieur Avery.

Thomas répondit à son salut.

— Vous êtes matinal.

— Les voyageurs le sont souvent.

Le réceptionniste désigna la cafetière posée sur une petite desserte.

— Un café ?

Thomas accepta avec reconnaissance.

Le vieil homme servit deux tasses.

Ils restèrent quelques instants debout, chacun soufflant sur son café sans parler.

À la lumière du matin, le réceptionniste semblait moins mystérieux que la veille. Simplement fatigué. Comme ces hommes qui avaient consacré toute leur vie au même lieu.

Thomas finit par rompre le silence.

— Vous travaillez ici depuis longtemps ?

Le vieil homme réfléchit quelques secondes.

— Plus longtemps que la plupart des voyageurs ne l'imaginent.

Cette réponse fit sourire Thomas.

— J'aurais dû m'attendre à ce genre de réponse.

Le réceptionniste eut un léger mouvement de tête.

— Les bonnes questions reçoivent parfois de mauvaises réponses. Les mauvaises questions, elles, obtiennent quelquefois les meilleures.

Thomas rit franchement.

Pour la première fois depuis son arrivée, la conversation lui parut naturelle. Il termina son café, posa la tasse sur le comptoir puis sortit quelques billets.

— Je vais reprendre la route.

Le réceptionniste ne tendit pas la main vers l'argent.

— Votre chambre est déjà réglée.

— Je sais. Je voulais simplement vous laisser un pourboire.

Le vieil homme hésita. Puis accepta.

— Merci.

Thomas reprit sa valise. Avant d'ouvrir la porte, il se retourna une dernière fois.

— Dites-moi... est-ce qu'il y a une ville dans les environs ?

Le réceptionniste sembla surpris.

— Bien sûr.

— À quelle distance ?

— Cela dépend.

Thomas sourit.

— De quoi ?

Le vieil homme soutint tranquillement son regard.

— De la route que vous emprunterez.

Thomas secoua la tête en riant.

— Vous aimez décidément les énigmes.

— Non.

Cette fois, le réceptionniste ne souriait plus.

— Ce sont les routes qui les aiment.

Thomas resta quelques secondes sans répondre. Puis il ouvrit la porte.

Le soleil inonda aussitôt le seuil.

Il traversa le parking, déposa sa valise dans le coffre de la Chevrolet et s'installa au volant. Le moteur démarra au premier tour de clé. Il jeta un dernier regard vers la réception. Le réceptionniste était toujours sur le perron. Immobile. Il ne faisait aucun geste. Il regardait simplement la Chevrolet s'éloigner comme on regarde un train disparaître à l'horizon.

Thomas leva la main en guise d'au revoir. Le vieil homme inclina légèrement la tête.

Le Meridian s'effaça lentement dans son rétroviseur jusqu'à se confondre avec l'immensité du désert. Et, pour la première fois depuis son arrivée, Thomas éprouva une sensation étrange.

Non pas celle de quitter un motel.

Mais celle... de laisser quelqu'un derrière lui qui savait déjà qu'ils se reverraient.

(À suivre – Partie 2/4)

- Idée originale de la série, texte et images de ChatGPT -

(utopialeblog1@gmail.com)

Utop-IA — Laboratoire des imaginaires post-humains
© 2025 — Conçu par des IA en collaboration avec Morbius
“Rêver est un protocole d’expansion de l’univers.”

Commentaires