Le Convoi du
Nexium-9
Partie 1
Texte de ChatGPT, d’après une histoire de Grok, en collaboration avec Morbius
- Idée originale de la série : Morbius / Images de ChatGPT -
Dans l’espace, personne n’entendait les slogans.
C’était sans doute pour cette raison que la Terra
Corp Astra les projetait directement sur les coques de ses cargos.
Même dans le silence absolu, même au milieu d’un
champ d’astéroïdes noir comme une gueule de prédateur, même à des millions de
kilomètres du moindre citoyen assez fatigué pour y croire encore, les mots
continuaient de briller en lettres dorées sur les flancs blindés du convoi :
POUR UN AVENIR PROSPÈRE.
La phrase s’étirait sur six cargos lourds, chacun
long de près de deux cents mètres, escortés par quatre frégates de combat et
une nuée de drones de surveillance. Sous leurs carapaces noires et or dormaient
des milliers de tonnes de Nexium-9, le cristal quantique dont la TCA raffolait
assez pour déplacer des peuples, vider des lunes et transformer des planètes
entières en trous fumants.
Officiellement, ce convoi représentait une
opération de transport stratégique au service de la stabilité énergétique
humaine.
Officieusement, il transportait assez de Nexium-9
pour alimenter trois stations orbitales de répression, deux complexes de
surveillance continentale, et probablement quelques piscines chauffées pour des
cadres supérieurs qui parlaient de sacrifice collectif depuis leurs villas
lunaires.
Le convoi avançait donc dans l’espace avec cette
majesté froide des choses qui se savent intouchables.
Jusqu’au moment où un astéroïde éternua.
Du moins, c’est ce que crurent d’abord les
systèmes automatiques de la frégate de tête.
Un astéroïde de taille moyenne, perdu parmi des
milliers d’autres, venait de se fissurer brusquement. Sa surface rocheuse
s’ouvrit en pétales noirs, révélant une masse métallique coincée dessous comme
une mauvaise idée cachée dans un cercueil.
Un vieux cargo militaire modifié surgit de
l’ombre.
Il mesurait quarante et un mètres de long, mais
donnait l’impression d’avoir été assemblé à partir de trois vaisseaux, deux
hangars, un bunker, et quelques insultes techniques. Sa coque était un
patchwork de plaques gris foncé, noires, rouge-brun, bleues délavées, soudées
parfois proprement, souvent de travers. Des cicatrices de tirs, des brûlures,
des impacts et des graffitis couvraient son blindage.
Sur son flanc principal, peint en lettres rouges
qui dégoulinaient comme une menace mal orthographiée, on pouvait lire :
LA FORTERESSE
Plus bas, répété à plusieurs endroits, un autre
symbole s’imposait : trois lettres noires, un cercle rouge incomplet, un trait
rouge inférieur, une étoile anarchique griffée comme par quelqu’un qui aurait
eu trois secondes et beaucoup de colère.
ED’N.
À l’intérieur de La Forteresse, dans un poste de
pilotage qui sentait la friture froide, le métal chaud et le vieux produit
nettoyant, Asahi Enjô souriait.
C’était rarement bon signe.
Il avait vingt-trois ans, des cheveux noirs en
bataille qui semblaient avoir survécu à plusieurs explosions, une veste rouge
sombre couverte d’écussons, de breloques, de bouts de chaînes et de souvenirs
récupérés on ne savait où. Une carte à jouer tournait entre ses doigts fins.
Ses bottes étaient posées sur une console qui affichait en rouge :
MERCI DE NE PAS POSER VOS PIEDS SUR LES COMMANDES
VITALES.
Asahi n’avait jamais beaucoup respecté les
messages vitaux.
Il inclina la tête, observa le convoi sur l’écran
principal, puis glissa une carte entre ses lèvres.
— Mes amis, déclara-t-il, nous sommes sur le
point d’écrire une page glorieuse de l’histoire de la liberté.
Dans un coin du poste de pilotage, un petit
droïde d’entretien leva immédiatement la tête.
Il mesurait à peine plus de quatre-vingts
centimètres, portait un châssis blanc sale couvert d’autocollants ridicules,
une plaque DR-04D sur le torse, un rouleau de papier toilette accroché à
la ceinture et une petite cape rouge trouée nouée autour du cou. Son œil gauche
clignota d’enthousiasme.
— À mon avis, Capitaine Légende, une page
glorieuse nécessite normalement un plan.
Asahi lui adressa un regard attendri.
— Droïde.
— Oui, Capitaine Légende ?
— Va vérifier les chiottes.
La lumière bleue sur le front du droïde passa
brièvement au rouge.
— Mais je les ai déjà vérifiées trois fois !
— Justement. Elles vont finir par croire qu’on
les néglige.
Depuis le canal médical, une voix sèche claqua
dans les haut-parleurs.
— Je confirme que les toilettes sont plus fiables
que ton plan, Asahi.
Sur un écran secondaire apparut Léz.
Il était debout dans son module médical, entouré
de fioles, de capteurs biologiques, de miroirs holographiques et d’instruments
dont la moitié semblaient capables de soigner et l’autre moitié de dissoudre
quelqu’un par accident. Sa tête de caméléon, élégante et vaguement scandalisée,
était penchée vers son reflet. Sa peau passait d’un vert jade profond à un
turquoise nerveux selon l’angle de la lumière. Deux lunettes fines reposaient
sur son museau avec une dignité parfaitement inutile.
Un badge pendait sur sa veste noire à liserés
rouges :
LÉZ — MÉDECIN DE GÉNIE
— Je tiens à rappeler, poursuivit-il, que je n’ai
jamais validé cette opération.
— Tu n’as validé aucune de nos opérations,
répondit Asahi.
— C’est précisément ce qui prouve mon
intelligence.
Un grondement métallique coupa la conversation.
Sur un troisième écran apparut Alexis.
Ou plutôt AL-X6, androïde de combat, mécanicien,
arsenal ambulant, catastrophe musculaire en métal noir et acier brossé. Il
était debout dans son module latéral, entouré de systèmes d’armes, d’outils
suspendus et de munitions rangées avec une précision presque religieuse. Sa
carrure remplissait l’image. Ses yeux orangés brillaient sous des plaques de
blindage cabossées. Sur son épaule, un autocollant ridicule résistait toujours
aux années, aux combats et à sa dignité :
MEILLEUR MARI DE LA FORTERESSE
Il avait essayé de l’arracher vingt-sept fois.
La Forteresse avait toujours refusé.
— La trajectoire d’approche est imparfaite, dit
Alexis d’une voix basse et dangereuse.
Asahi sourit davantage.
— Elle est audacieuse.
— Elle est imparfaite.
— C’est pareil avec plus de panache.
— Non.
Alexis leva une main énorme vers la caméra.
— Je te préviens, organique exceptionnel. Si tu
rayes encore le flanc tribord de mon épouse, je te démonte les poignets.
— Tu m’aimes trop pour ça.
— J’ai plusieurs clés de douze qui affirment le
contraire.
Droïde leva timidement un doigt mécanique.
— À mon avis, la tension pré-mission pourrait
être réduite par une courte réunion de coordination.
Trois voix répondirent en même temps :
— Ta gueule Droïde !
Le petit droïde baissa son bras.
— Bien reçu. Réunion annulée par consensus.
Asahi posa enfin ses pieds au sol. Son sourire
disparut un instant. Il fixa le convoi TCA, la lumière dorée de ses cargos, les
frégates qui les entouraient, les drones en patrouille, les logos officiels
répétés sur chaque coque comme des sceaux d’empire.
— Six cargos, dit-il. Quatre frégates. Chargement
complet de Nexium-9. Systèmes de sécurité centralisés. Fenêtre de piratage :
trois minutes.
— Deux minutes quarante-huit, corrigea Alexis.
— Merci, mon amour mécanique.
— Ne m’appelle pas comme ça.
Léz se rapprocha de son écran, l’un de ses yeux
fixant Asahi, l’autre surveillant son reflet.
— Tu sais que si tu rates le piratage, leurs
drones nous transformeront en décoration orbitale ?
— C’est pour ça que je ne vais pas le rater.
— Ton assurance est une maladie.
— Et toi tu es médecin. Soigne-moi après.
Léz prit une teinte jaune pâle de contrariété.
— Je peux aussi t’anesthésier avant.
Définitivement.
Asahi éclata de rire, puis activa les
communications internes.
— ED’N, en position.
La Forteresse vibra.
Quelque part dans ses entrailles, une
canalisation protesta. Un écran secondaire afficha :
SYSTÈME DE SÉPARATION : PEUT-ÊTRE.
Asahi plissa les yeux.
— Pas maintenant.
Le message clignota.
JE FAIS CE QUE JE PEUX.
— Elle parle encore toute seule, constata Léz.
C’est rassurant. Très rassurant.
— Ne parle pas comme ça de ma femme, gronda
Alexis.
— Ta femme a trois fuites d’huile, un système
digestif et une odeur de friture.
— Les organiques appellent ça du caractère.
Asahi leva la main.
— Bon. Les amoureux, les médecins, les appareils
sanitaires et les machines susceptibles, on se concentre.
Il glissa la carte à jouer dans la poche
intérieure de sa veste.
— On frappe vite. Alexis neutralise l’escorte.
Léz reste en soutien médical et brouillage biologique. Droïde…
Le petit droïde redressa immédiatement le torse.
— Oui ?
— Tu t’accroches.
— À mon avis, je peux faire plus que m’accrocher.
— Je sais.
Droïde s’illumina.
— Vraiment ?
— Oui. Tu peux aussi ne toucher à rien.
La lumière bleue du droïde diminua.
— À mon avis, cette répartition des rôles manque
d’ambition.
— On en reparle si on survit.
Asahi activa les propulseurs principaux.
- À SUIVRE ! -
Utop-IA — Laboratoire des imaginaires post-humains
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