LES ENQUÊTES DE JAX ORION - Épisode 10 : Les Larmes du Baron - Chapitre 3

 


Résumé — Chapitre 2 : Sandra

Jax Orion rencontre Cassandra « Sandra » Vance, une exploratrice brillante, directe et redoutablement compétente, accompagnée de son robot Dezneuf. Dès leur première interaction, Sandra se montre froide et critique envers Jax, tandis que Dezneuf dresse un diagnostic peu flatteur de ses capacités. Malgré cela, Jax est immédiatement troublé par elle. La tension monte entre les personnages, accentuée par l’humour (notamment via Capitaine et B.O.B.) et par la maladresse de Jax, qui provoque un incident embarrassant. Sandra annonce qu’ils partiront rapidement en mission à bord de son propre vaisseau, le Valkyrie. Le chapitre se termine sur un double enjeu : une mission dangereuse à venir et le début d’une attirance compliquée pour Jax, qui s’annonce aussi risquée que l’expédition elle-même.

CHAPITRE 3 

BIENVENUE SUR INAÜTEYA

Le Valkyrie était tout ce que le Rusty Bucket n'était pas : élégant, rapide, silencieux, et visiblement entretenu par des professionnels. Ses lignes fuselées, ses moteurs aux accélérations douces, ses systèmes qui fonctionnaient sans tousser ni émettre de fumée suspecte – tout cela mettait Jax profondément mal à l'aise.

« C'est... propre, » commenta-t-il en s'installant dans un siège passager trop confortable. « Très propre. Presque anormalement propre. »

« C'est ce qui arrive quand on prend soin de son matériel, » répondit Sandra sans le regarder, occupée à piloter. « Tu devrais essayer un jour. »

« Je prends soin du Rusty Bucket ! Il a du caractère, c'est tout. »

« Du caractère. C'est ainsi que les mauvais pilotes appellent la vétusté. »

« Alerte de mauvaise foi détectée, » murmura B.O.B. dans l'oreillette. « Souhaitez-vous que je prépare des arguments contre cette accusation injustifiée ? »

« Non, B.O.B., laisse tomber. »

Dezneuf était installé à l'arrière, en mode maintenance, ses panneaux d'accès ouverts révélant des circuits complexes. Bzz, curieux, s'était approché pour inspecter, émettant des bips d'étonnement devant la technologie visiblement supérieure.

« Bip de comparaison ! » émit le scarabée-robot.

« Traduction, » dit B.O.B. « Il est impressionné et légèrement jaloux. Je partage ce sentiment, bien que pour des raisons différentes. Principalement l'agacement. »

Capitaine, perché sur un dossier, observait Dezneuf avec une attention soutenue. « La perfection est une illusion, » déclara-t-il soudain. « Les machines les plus parfaites ont les pannes les plus spectaculaires. »

Dezneuf releva la tête, ses capteurs optiques fixant le perroquet. « Affirmation non étayée par des données. Mes systèmes ont un taux de défaillance de 0,003%. »

« Et pourtant, tu ne voles pas, » rétorqua Capitaine. « Tu rampes, dans ta perfection. »

Dezneuf parut hésiter – une micro-pause dans ses mouvements parfaitement synchronisés. Puis il referma ses panneaux d'accès et reprit sa position rigide.

« Spécimen aviaire : agaçant. Classification : non pertinente. »

Bzz émit un bip qui ressemblait étrangement à un rire.

Le voyage dura trois jours, que Jax passa principalement à essayer – et échouer – d'engager la conversation avec Sandra. Chaque tentative se soldait par un échec cuisant.

  • Tentative n°1 : « Alors, Sandra, heu... Sandra, c'est joli comme prénom. Ça vient d'où ? » Réponse : « De mes parents. Suivant. »
  • Tentative n°2 : « Tu fais souvent des missions comme ça ? Des planètes dangereuses, des trésors perdus... » Réponse : « Oui. Toi, tu fais souvent des missions où tu renverses du champagne sur les pantoufles des clients ? » Réponse de B.O.B. dans l'oreillette : « Point marqué pour elle. Je note. »
  • Tentative n°3 : « Je peux te poser une question personnelle ? » Réponse : « Non. »
  • Tentative n°4 : « Ce Dezneuf, il est... efficace, hein ? » Réponse : « C'est le but d'un garde du corps. »

Au soir du troisième jour, Jax s'effondra dans son siège, vaincu.

« B.O.B., je suis nul. »

« Affirmatif. Mais c'est un état temporaire. Votre nullité en matière de séduction est un processus continu et cohérent. Il y a une forme de beauté dans cette constance. »

« Tu te moques de moi ? »

« Bien sûr que oui. C'est mon rôle principal. »

Inaüteya apparut enfin dans le viewport, et toute pensée de séduction s'évapora instantanément.

La planète était magnifique – d'une beauté sauvage et terrifiante. Des continents déchiquetés émergeaient d'océans d'un bleu profond, couverts d'une végétation si dense qu'elle semblait bouillonner comme une soupe primitive. Des chaînes de montagnes aux pics acérés traversaient les terres comme des cicatrices, et d'immenses forêts ondulaient sous des vents invisibles.

« Analyse atmosphérique terminée, » annonça Dezneuf. « Respirable, mais avec des concentrations élevées de pollens et de spores. Recommandation : filtration individuelle. »

« On va se poser ici, » dit Sandra en désignant une zone sur la carte. « À environ cinquante kilomètres de l'épave. La jungle est trop dense pour atterrir plus près. »

Le Valkyrie entama sa descente, traversant des couches de nuages épais comme du coton. Quand ils émergèrent enfin, la jungle était là, en dessous d'eux, si proche qu'on pouvait presque sentir son odeur – un mélange de terre humide, de fleurs écrasantes et de pourriture fertile.

L'atterrissage fut parfait. Bien sûr.

Quand le sas s'ouvrit, l'air d'Inaüteya les frappa comme une vague. Chaud, humide, chargé de senteurs complexes et d'un bourdonnement constant – des millions de créatures invisibles qui vaquaient à leurs occupations dans l'obscurité verte.

« Bienvenue en enfer, » commenta Sandra en ajustant son équipement. « Restez groupés. Ne touchez à rien. Ne mangez rien. Et surtout, ne faites pas de bruit inutile. »

Elle regarda Jax en prononçant cette dernière phrase.

« Compris, » dit Jax avec un sourire qu'il espérait confiant. « Je suis un professionnel. »

« C'est ce qui m'inquiète. »

Ils s'enfoncèrent dans la jungle.

Les premières minutes furent presque paisibles. Jax marchait derrière Sandra, essayant d'admirer le paysage sans trébucher sur les racines – ce qui était plus difficile qu'il n'y paraissait, car il passait la moitié de son temps à regarder autre chose que le sol. Ses épaules. La façon dont ses cheveux courts dégageaient sa nuque. La cambrure de son dos sous la combinaison.

« Orion, tu as intérêt à regarder où tu mets les pieds, » lança-t-elle sans se retourner.

« Je regarde ! Enfin, je... j'observe l'environnement. Pour la sécurité. »

« Bip de scepticisme, » émit Bzz depuis l'épaule de Jax.

Dezneuf fermait la marche, ses capteurs balayant constamment la végétation. Capitaine volait en silence au-dessus d'eux, ses yeux noirs perçant l'obscurité avec une aisance dérangeante.

« Détection de mouvement à 200 mètres, » annonça soudain Dezneuf. « Plusieurs signatures. Formes humanoïdes. »

Ils s'immobilisèrent. Le bruit de la jungle semblait avoir changé – plus aigu, plus tendu.

« Ils nous observent, » murmura Sandra. « Depuis qu'on est entrés. »

« Pourquoi ils n'attaquent pas ? » demanda Jax.

« Peut-être qu'ils attendent de voir si on est dangereux. Ou peut-être qu'ils préparent quelque chose. »

Jax sentit son pistolet à impulsions à sa hanche. Il ne l'avait pas utilisé depuis... il ne se souvenait même plus. Et à chaque fois, ça s'était mal terminé.

« Je peux essayer de communiquer, » proposa-t-il. « J'ai un don pour ça. »

« Ton don, c'est de mettre les pieds dans les plaques, » rétorqua Sandra. « Reste là. »

Elle fit un pas en avant, levant les mains en signe d'apaisement. « Nous ne sommes pas des ennemis ! » appela-t-elle d'une voix forte mais calme. « Nous cherchons seulement... »

Une flèche siffla, lui frôlant l'épaule pour se planter dans un arbre derrière elle.

« ...à ne pas nous faire tirer dessus, apparemment, » acheva-t-elle en reculant.

La jungle explosa soudain de mouvements. Des dizaines de silhouettes ocre jaillirent des fourrés, des branches, du sol lui-même. Des humanoïdes à la peau couleur de terre cuite, peints de motifs géométriques blancs, leurs yeux brillant d'un vert luminescent dans la pénombre. Ils brandissaient des lances, des arcs, et ce qui ressemblait à des massues en pierre.

« Ne bougez pas, » ordonna Sandra.

Trop tard. Jax, en reculant pour éviter une lance, heurta une racine – enfin, il heurta quelque chose – et bascula en arrière dans un buisson épineux avec un cri de surprise.

« Aïe ! Flark ! »

Les guerriers se figèrent, visiblement décontenancés par ce comportement imprévu. Le chef – un grand type avec une coiffe de plumes impressionnante – s'approcha de Jax, qui gisait sur le dos, empêtré dans les branches, les bras en l'air.

« Heu... bonjour ? » dit Jax avec un sourire crispé. « Je suis Jax. Je viens en paix. Et je ne suis pas très doué pour les atterrissages. »

Le chef le regarda longuement, ses yeux verts brillants exprimant quelque chose qui ressemblait à de la perplexité. Puis il éclata d'un rire profond et rugueux.

Toute la tribu se mit à rire avec lui.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Jax, toujours par terre.

Sandra le regardait, les bras croisés, une expression entre l'exaspération et la stupéfaction.

« Tu viens de te prendre pour un idiot devant une tribu de guerriers primitifs, » dit-elle. « Et apparemment, ils trouvent ça hilarant. »

« Alors... c'est bon ? On va pas se faire tuer ? »

« Pour l'instant, non. Mais lève-toi avant qu'ils ne changent d'avis. Et arrête de faire le clown. »

Jax se releva péniblement, époussetant son trench-coat couvert de feuilles et d'épines. Le chef s'approcha de lui, l'étudia avec une curiosité enfantine, puis tendit la main vers Capitaine, perché sur son épaule.

« Attention, » prévint Jax. « Il n'aime pas qu'on le touche sans permission. »

Capitaine fixa le chef de ses yeux noirs, puis inclina la tête. « La curiosité est une forme de respect, » dit-il. « Mais le respect sans limite devient de l'effronterie. »

Le chef retira sa main, impressionné. Il se tourna vers ses guerriers et émit une série de sons gutturaux qui devaient être des ordres. Immédiatement, les lances s'abaissèrent.

« On dirait qu'ils nous acceptent, » murmura Sandra. « Pour l'instant. »

« J'ai des talents cachés, » dit Jax en se rengorgeant.

« Tomber dans les buissons n'est pas un talent. C'est une maladie. »

Dezneuf, qui n'avait pas bougé d'un centimètre pendant toute la scène, commenta : « Observation : le sujet Orion a réussi à désamorcer une situation potentiellement mortelle par son incompétence motrice. Analyse : 0,3% de chance que ce soit intentionnel. 99,7% de chance que ce soit un accident heureux. »

« Merci, Dezneuf, » grinça Jax. « Toujours aussi charmant. »

« Le charme n'est pas dans mes paramètres. »

- À SUIVRE ! -

- Texte de DeepSeek, sur une idée de Morbius / Images de ChatGPT -


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