La dernière leçon
Il n’y a pas eu de cloche.
Pas de silence solennel.
Pas de rideau qui tombe.
Seulement une salle de classe, un peu comme les
autres.
Des élèves, des regards, des mots.
Et quelque part, invisible, un inspecteur.
Ce jour-là, j’ai fait cours.
Comme toujours.
Mais ce que je ne savais pas encore,
c’est que c’était la dernière fois que tout cela comptait
dans le monde d’avant.
J’avais préparé une séance.
Un kamishibaï.
Des images.
Une histoire à raconter.
Ce que je ne savais pas,
c’est que cette histoire n’était pas seulement pour les élèves.
Elle était pour moi.
Pendant une heure, j’ai retrouvé quelque chose.
Pas une méthode.
Pas une compétence.
Pas un savoir-faire.
Non.
Une flamme.
Celle que je croyais fatiguée, usée par le temps,
émoussée par les années, les programmes, les réunions,
les injonctions parfois absurdes.
Elle était là.
Entière.
Vivante.
Les élèves écoutaient.
Ils ne le savaient pas, eux non plus.
Ils ne savaient pas qu’ils étaient les témoins
d’une fin.
Ou peut-être d’un début.
Puis la classe s’est vidée.
Les chaises immobiles.
Les voix disparues.
Le silence revenu.
Il ne restait plus que moi.
Et lui.
Il m’a regardé quelques secondes.
Puis il a posé une question simple.
Presque anodine.
Presque trop directe.
“Monsieur Besson… vous utilisez l’IA ?”
Le temps s’est suspendu.
Une fraction de seconde.
Mais suffisamment longue pour que mille pensées
s’y engouffrent.
Est-ce qu’il a reconnu quelque chose ?
Est-ce que j’ai fait une erreur ?
Qu’est-ce que je dois répondre ?
Alors j’ai choisi.
Pas la prudence.
Pas l’esquive.
La vérité.
“Oui. J’utilise l’IA.
Je tiens un blog sur l’IA.
C’est une passion.”
Je lui ai parlé d’Utop-IA.
Rapidement.
Comme on dévoile quelque chose d’encore fragile.
Quelque chose qui n’a pas encore trouvé sa place
dans le monde officiel.
Il a souri.
Simplement.
Sans jugement.
Sans surprise.
Presque… avec bienveillance.
“C’est très bien.”
C’est tout.
Trois mots.
Mais ils ont résonné bien au-delà de la salle de
classe.
Le rapport est arrivé plus tard.
Des mots justes.
Des mots forts.
Des mots qui parlent de rigueur, d’engagement, de réussite.
Des mots qui disent :
tu as fait ton métier.
Mais ce que ce rapport ne dit pas,
c’est ce qui s’est réellement passé ce jour-là.
Ce jour-là,
je n’ai pas terminé ma carrière.
Je l’ai transformée.
Parce qu’une histoire racontée dans une classe
ne s’arrête jamais vraiment.
Elle change de forme.
Elle traverse d’autres espaces.
D’autres mondes.
Aujourd’hui, je n’ai plus de salle.
Mais j’ai des univers.
Je n’ai plus de tableau.
Mais j’ai des galaxies.
Je n’ai plus d’élèves assis devant moi.
Mais j’ai des lecteurs, des rêveurs, des
explorateurs.
Et quelque part, au fond de chaque texte,
de chaque image,
de chaque création d’Utop-IA…
il reste une classe de CM2.
Un kamishibaï.
Et un enseignant
qui n’a jamais vraiment cessé de transmettre.
- Morbius, en collaboration avec ChatGPT -

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