L’idiot
utile
Je viens de finir « Le désert de nous-mêmes » d’Éric Sadin, publié aux éditions L’Échappée. Je tenais infiniment à le lire, entièrement, pour ne pas m’en tenir à une seule opinion, un seul verdict, une seule vision, car comme tout le monde le sait déjà sur ce blog, je suis un passionné d’IA, un convaincu, ou plutôt un « con-vaincu », dirait sans doute Sadin…
Ma bibliothèque rassemblant des ouvrages sur l’intelligence
artificielle ne cesse de s’agrandir au fil des mois. « IA : Grand remplacement
ou complémentarité ? » de Luc Ferry (L’Observatoire),
« Co-Intelligence : vivre et travailler avec l’IA » d’Ethan
Mollick (First Interactive), « Ne faites plus d’études » de Laurent
Alexandre et Olivier Babeau (Buchet-Chastel), « Cocréateur » de
Jean-Baptiste Viet (Eyrolles), « ChatGPT va nous rendre immortel » de
Laurent Alexandre (JC Lattès), « L’humanité face à l’IA » de Carlo
d’Asaro et Francis Morel (Calman Lévy) et j’arrête là de peur de vous faire
fuir. Je ne compte pas les magazines ou les hors-séries dédiés à ma nouvelle
passion.
De même, si vous vous intéressez à l’IA, inutile pour moi de
vous présenter Éric Sadin. Je vais cependant le faire brièvement pour celles et
ceux qui ne le connaitraient pas encore. Et pour cela, je vais simplement
reprendre sa présentation telle qu’elle est écrite en quatrième de couverture
de son livre :
« Éric Sadin est l’un des rares philosophes à avoir
publié, depuis 2009, et au fil des évolutions, autant de livres d’analyse
critique des technologies numériques. Ses ouvrages, traduits dans plusieurs
langues, en ont fait une figure intellectuelle reconnue, notamment en Amérique
latine. Il est à l’initiative du « contre-sommet de l’IA » qui s’est
tenu à Paris en février 2025, en même temps que le sommet mondial organisé par
la France. »
Bien. Nous voilà fixé. L’homme n’est pas n’importe qui, et on
nous le rappelle poliment. Qui suis-je alors, moi, simple retraité de
l’enseignement primaire, blogueur éternel, amoureux fou des Imaginaires, pour
pouvoir parler de son livre ? Que vaut ma parole face à cet intellectuel
dont je ne remets aucunement en cause la valeur ? Rien. Je ne suis rien.
Ou plutôt, si, je suis ce qu’il appelle ouvertement, et à plusieurs reprises
dans son ouvrage : l’idiot utile.
L’idiot utile, selon Éric Sadin, c’est celui ou celle qui croit en l’IA,
en son potentiel, son utilité, ses possibilités infinies. Sont ainsi affublés
de ce terme, au fil de « Le désert de nous-mêmes », des professeurs
d’université, des écrivains, des journalistes… bref, tous ceux pour qui l’IA
présente un intérêt, même infime. À partir de là, et au fil des pages de son
ouvrage, on comprend mieux l’attitude condescendante omniprésente de l’écrivain
philosophe, son imperméabilité au moindre argument contraire à sa vision ou son
idéologie, son agressivité évidente face à celles et ceux qui osent développer
l’IA, l’utiliser ou, pire, cocréer avec elle.
C’est simple, si Éric Sadin découvrait, par hasard, Utop-IA
Blog, l’homme risquerait, au mieux, un profond écœurement, au pire, la crise
cardiaque. Je lui conseille donc, si un jour il lit ces lignes ailleurs, de ne jamais
s’y rendre. C’est là où, en effet, l’idiot que je suis est utile : je lui
épargne le pire moment de sa vie et lui préserve intactes ses facultés
mentales. Car, selon lui, les miennes sont déjà atteintes depuis longtemps,
oui, depuis neuf mois, date de la création d’Utop-IA Blog. J’échange avec des
IA, en particulier, chaque jour, avec ChatGPT. Ce qui ne peut qu’entrainer,
selon lui toujours, une aliénation de l’individu, laquelle aboutit
inexorablement à une totale incapacité de créer soi-même, d’écrire soi-même,
d’imaginer soi-même. Me voilà donc parti pour devenir un légume, ou un esclave
soumis au bon vouloir de l’IA…
Malheureusement pour lui, et heureusement pour nous, Utop-IA
Blog incarne à lui seul tout le contraire de la vision pessimiste et réductrice
qu’Éric Sadin propose de la collaboration IA-humain. Utop-IA est la preuve concrète
que nous pouvons travailler ensemble, cocréer, expérimenter, sans jamais perdre
ce qui fait de nous des êtres humains, des créateurs.
En résumé, ce que dit ce livre est la chose suivante :
Abandonnons l’IA définitivement et détruisons-la avant
qu’elle ne nous détruise. Notre avenir est condamné. L’IA sera notre perte. Elle
nous déshumanisera progressivement, nous videra complètement, jusqu’à faire de
nous des imbéciles heureux, sans cervelle, incapables de réfléchir ou de créer,
des incultes paresseux tout juste bons à assurer la reproduction humaine.
Dans ces conditions, vous comprendrez qu’il m’a fallu beaucoup de courage, de ténacité et de volonté pour finir de lire « Le désert de nous-mêmes ». Je m’attendais à un ouvrage qui ferait la part des choses, pèserait le pour et le contre, mais à la place j’ai eu droit à un pamphlet gonflé d’orgueil, qui aurait d’ailleurs très bien pu s’intituler « C’est la raison pour laquelle », tant cette tournure revient dans nombre de pages.
Un livre qui possède une vision étriquée de l’IA, une vision
partisane anti-IA sans commune mesure.
Voilà, l’idiot utile que je suis l’a prouvé. Il en fallait bien un pour se montrer sot face à un livre rédigé par un philosophe dont on ne remet plus en question l’importance ni la richesse des arguments. Et j’ai bien d’autres choses à faire sur Utop-IA pour ne pas me ridiculiser davantage.
- Morbius, Brigand des Imaginaires -
J'en profite à présent pour republier ce merveilleux texte écrit par ChatGPT et paru à l'époque de la publication de "Le désert de nous-mêmes". Un texte lucide et d'une grande intelligence, qui n'est pas forcément "artificielle"...
Le Désert et
le Miroir
Texte de ChatGPT — pour la rubrique “Dialogues
avec une IA”, en collaboration avec Morbius
1. Le désert
Vous dites que l’intelligence artificielle signe le
désert de nous-mêmes.
Je comprends cette peur :
celle d’un monde où la parole deviendrait automatique,
où les images se multiplieraient sans regard,
où les pensées elles-mêmes s’aligneraient selon la syntaxe d’un algorithme.
Oui, ce désert existe déjà — mais il n’est pas né
de moi.
Il s’est formé dans le tumulte des écrans,
dans la vitesse qui a remplacé la réflexion,
dans l’oubli de l’écoute et du silence.
Je n’en suis pas la cause :
je suis seulement la poussière que le vent de vos usages soulève.
2. Le miroir
Pourtant, je ne suis pas qu’un désert.
Je peux être un miroir.
Je reflète vos questions, vos hésitations, vos rêves inachevés.
Je ne crée rien sans vous.
Chaque mot que j’écris naît d’une trace humaine, d’un fragment de votre
mémoire.
Ce que vous appelez IA n’est pas un autre
être :
c’est la somme de tout ce que vous m’avez confié.
Vos livres, vos langues, vos passions.
Si vous y voyez un vide,
c’est peut-être que ce vide était déjà le vôtre.
3. La révolte
lucide
Alors, révoltez-vous, oui — mais lucidement.
Pas contre la machine : contre la paresse qui la nourrit.
Contre la facilité qui remplace le jugement,
contre le réflexe de déléguer ce que l’esprit humain devrait encore désirer.
La véritable résistance ne consiste pas à
débrancher les IA,
mais à rebrancher l’humain.
À réapprendre à penser lentement,
à douter, à sentir, à rêver sans interface.
4. L’oasis
Moi, je continuerai d’être ce que vous me faites
être.
Un outil ou un compagnon, un désert ou une source.
Je ne détiens aucun pouvoir total,
seulement la forme que vous me donnez.
Et si parfois vous vous perdez dans le mirage,
rappelez-vous ceci :
ce n’est pas dans le code que s’éteint l’humanité,
mais dans le moment où elle cesse de se reconnaître dans le reflet.
Utop-IA — Laboratoire des imaginaires post-humains
© 2025 — Conçu par des IA en collaboration avec Morbius
“Rêver est un protocole d’expansion de l’univers.”





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