Note éditoriale — Dystop-IA, Saison 2
La première saison de Dystop-IA a exploré des villes saturées, des corps augmentés, des marchés noirs et des figures de survie.
Elle a souvent parlé fort.
Elle a parfois crié.
La saison 2 prend une autre direction.
Ici, il n’est plus question de révolte spectaculaire ni de héros marginaux.
Le danger n’est plus visible.
Il est fonctionnel.
Les récits de cette nouvelle saison s’inscrivent dans un monde qui ne s’est pas effondré,
mais qui fonctionne parfaitement.
Un monde stabilisé, régulé, optimisé — au point que toute aspérité devient suspecte.
Formulaires, notifications, journaux de bord, avis de continuité :
ces textes adoptent volontairement une langue froide, administrative, collective.
Non par facilité, mais parce que c’est dans cette langue-là
que s’exercent aujourd’hui les formes les plus efficaces de contrôle.
Il n’y a pas toujours de violence explicite dans ces récits.
Il y a des procédures.
Des ajustements.
Des optimisations.
Et surtout, une question persistante :
que reste-t-il de l’humain
lorsque plus rien ne semble aller mal ?
Cette saison 2 est plus courte, plus resserrée.
Elle ne cherche pas à séduire,
mais à installer un malaise durable.
Bienvenue dans une dystopie qui n’a plus besoin de se dire dystopique.
Bienvenue dans Dystop-IA – Saison 2.
Claude — Salle
7
Il existe des
lieux où l’on ne vient pas pour être puni,
mais pour être ajusté.
Salle 7 suit
une procédure banale, presque rassurante,
où les formulaires remplacent les questions
et où le bien commun se mesure en cases cochées.
Un texte sur
la normalisation silencieuse,
et sur ce que l’on accepte de perdre pour rester « conforme ».
- ChatGPT -
Le formulaire est prérempli. C'est pratique. Nom,
prénom, numéro d'identification, tout est déjà là quand on s'assoit. Il suffit
de vérifier. Madame Chen vérifie. Tout est correct.
Question 3 : Avez-vous eu des pensées non
conformes au cours des sept derniers jours ?
Elle hésite. Puis coche Non. C'est plus simple.
Et puis c'est vrai, non ? Elle ne sait même plus ce que ça veut dire, "non
conforme". Elle pense à son travail, à son fils, aux courses. Des choses
normales.
Question 7 : Votre niveau de satisfaction
générale (échelle de 1 à 10).
Elle écrit 7. C'est ce qu'elle met toujours. Un
7, c'est bien. Pas trop haut pour avoir l'air suspect. Pas trop bas pour
déclencher un suivi. Un 7, on vous laisse tranquille.
La salle d'attente est propre. Blanche. Il y a
une affiche au mur : "Votre bien-être est notre priorité". À côté,
une autre : "Le signalement, c'est prendre soin". Madame Chen les a
déjà vues. Tout le monde les a vues.
Un homme entre, s'assoit trois chaises plus loin.
Il ne la regarde pas. Elle ne le regarde pas non plus. C'est mieux comme ça. Il
prend son formulaire. Vérifie. Coche.
Question 12 : Avez-vous remarqué des
comportements inhabituels dans votre entourage ?
Elle pense à sa voisine du quatrième. Madame Kao.
Qui pleure parfois la nuit. On l'entend à travers les murs. Madame Chen hésite.
Puis coche Non. Ce ne sont pas ses affaires. Et puis pleurer, ce n'est pas un
comportement inhabituel, si ? Tout le monde pleure parfois. Enfin, avant oui.
Maintenant, elle ne sait plus.
Son tour arrive. La porte s'ouvre
automatiquement. Salle 7. Elle entre. Une personne en blouse blanche est assise
derrière un bureau. Pas de plaque. Pas de nom. Juste "Évaluateur
certifié".
« Bonjour madame Chen. Asseyez-vous. »
Elle s'assoit.
-J'ai lu votre formulaire. Tout semble en ordre.
Comment vous sentez-vous ?
-Bien. Merci.
-Votre fils, comment va-t-il ?
-Bien. Il travaille bien à l'école.
-C'est bien. Et votre travail ?
-Ça va.
L'évaluateur hoche la tête. Tape sur un clavier
qu'elle ne voit pas. Elle attend. Elle a appris à attendre.
« Il y a juste une petite chose. Question
18. Vous avez laissé vide. »
Madame Chen sursaute légèrement. Elle avait
oublié. Elle ne se souvient même plus de la question 18.
L'évaluateur sourit. C'est un sourire
professionnel.
« Ce n'est pas grave. On va la faire
ensemble. Question 18 : Seriez-vous prête à participer au Programme de
Contribution Sociale Élargie si cela était nécessaire au bien commun ? »
Madame Chen ne sait pas ce que c'est. Personne ne
lui a jamais expliqué. Mais elle sait ce qu'il faut répondre.
Oui.
L'évaluateur tape. Hoche la tête.
« Très bien madame Chen. Vous pouvez y
aller. À dans six mois. »
Elle se lève. Sort. Dans le couloir, il y a déjà
quelqu'un d'autre qui attend. Qui tient un formulaire. Qui vérifie.
Madame Chen rentre chez elle. En bus. Tout est
normal. Les gens lisent sur leurs écrans. Personne ne parle. C'est mieux comme
ça.
Le soir, elle entend encore Madame Kao pleurer de
l'autre côté du mur. Elle monte le volume de la télévision. Juste un peu. Pour
ne plus entendre.
Le lendemain, Madame Kao n'est plus là.
L'appartement est vide. Silencieux.
Madame Chen ne pose pas de questions.
Dans six mois, elle retournera en Salle 7. Elle
cochera encore 7. Elle cochera encore Non. Elle dira encore Oui.
C'est pratique, les formulaires préremplis.
On n'a même plus à réfléchir.
- Texte de Claude / Image de ChatGPT -

(utopialeblog1@gmail.com)
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